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Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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PNR du CRASC, 2005, p. 167-185 | Texte intégral


 

 

Ouerdia YERMECHE 

 

 

Le système anthroponymique algérien traditionnel, de type  agnatique, est fondé sur la notion de famille, de groupe et de tribu. Les personnes se désignaient et étaient désignées essentiellement par rapport à leurs ascendants directs (père, grand-père etc…) (Sublet, 1991)[1], tel que, par exemple Ali ou Omar n’Amar « Ali fils de Omar fils de Amar », Ramdane ben Kaddour ben Yazid « Ramdane fils de Kaddour fils de Yazid ».

La loi du 23 mars 1882 qui consacre l’état civil en Algérie et inaugure une nouvelle forme de désignation de type patronymique (un même nom va servir à désigner les différents membres d’une même famille), a eu entre autres effets de  bouleverser les habitudes nominatives alors en vigueur, du moins dans leur inscription administrative. En effet, l’instauration de l’état civil en Algérie a généré des pratiques anthroponymiques d’un autre ordre qui se sont depuis, cristallisées dans les patronymes; l’une d’elles et qui fait l’objet de cette article est celle qui consiste à adopter un toponyme (ou nom de lieu) comme patronyme (ou nom de famille).

Dans la tradition onomastique algérienne (tant de souche arabe que berbère), ce procédé est relativement nouveau (Dauzat, 1942)[2], contrairement au passage de l’anthroponyme au toponyme qui, lui, est d’un usage courant (une base ethnique servant souvent à nommer un territoire ou un lieu).

Notre étude a pour objet l’élaboration d’une typologie des patronymes algériens à base de noms de lieux à partir d’un corpus d’environ 70 000 noms de famille[3]. En préambule à cette analyse, nous mettons l’accent sur le caractère historico-politique et social qui a prévalu dans le choix (si choix il y a) de ces patronymes. Ces noms de personnes issus de noms de lieux, que nous appellerons  « anthropotoponymes »,, s’inscrivent, comme nous l’avons évoqué plus haut, dans un temps précis de l’histoire de l’onomastique algérienne et dans une conjoncture politique particulière à savoir celle de l’imposition du système patronymique à tous les Algériens par une instance coloniale (française en l’occurrence).

Ce mode de  nomination patronymique à base toponymique pourrait avoir constituer un geste politique de résistance au colonisateur, une manière de substituer son identité à une armée étrangère. Il serait également la représentation linguistique d’une forme d’affirmation identitaire et de  sauvegarde de cette identité par l’expression de l’attachement à la terre des aïeux.

Les patronymes a base toponymique: une réaction à une opération de « fait accompli » ?

Le choix d’un toponyme comme patronyme dans le cas de l’Algérie,  n’est pas, à notre sens, ni fortuit,  ni dénué de sens. Si l’état civil a été un moyen pour l’administration française de recenser, d’identifier et de localiser les populations indigènes (M. Lacheraf: 1998, 170), il est également perçu par celles-ci comme une opération de dépossession de l’entité identitaire algérienne par le changement des habitudes nominatives. De ce fait, pour contourner cette politique de « fait accompli », certains Algériens se sont attribué des patronymes à base toponymique qui symbolisent ainsi leur attachement à leur identité et marquent leur opposition à un système imposé.

Affirmation identitaire et culturelle par le biais d’une inscription dans  une ère géographique précise

L’utilisation de toponymes comme patronymes exprime, de manière générale,  un besoin d’exprimer son appartenance géographique et son attachement viscéral à la terre de ses ancêtres « Les noms ont une influence décisive sur le développement d’une identité groupale et territoriale ». (Guillorel, 1999 : 63). Le travail de nomination de l’individu qui passe par un travail d’appropriation de l’espace, subordonné lui-même à un acte linguistique, celui de la nomination, confère à l’individu une spécificité identitaire (Akin, 1999 : 34)[4] calquée sur les particularismes du relief (Akin, 1999 : 34)[5]. En d’autres termes, cette identité s’affirme à travers les dénominations attribuées au relief. L’instance nommante et l’instance nommée ne font plus qu’une dans le nom qu’elles portent toutes les deux et qui les lient à jamais.[6] Les patronymes à base toponymique sont porteurs d’une charge sémantique qui nous renseignent sur l’origine géographique de leurs porteurs (terre, village, pays, région etc…) ainsi que sur leurs habitudes socio-culturelles. L’individu qui choisit un toponyme comme forme de désignation patronymique se positionne identitairement        et socialement par rapport à ce lieu par lequel il existe et dans lequel il se fonde[7].

Ainsi, si P. Siblot (1997 p.41) parle d’une corrélation bi-univoque[8] à propos du lien qui unit l’être à son nom, nous parlerons, pour notre part, d’une corrélation tri-univoque, car ce lien tri-dimensionnel existe entre l’être, sa terre et le nom. Le « lien ombilical » entre l’être et son territoire se concrétise par le nom qui les désigne tous les deux ainsi que l’énonce à juste titre F. Zonabend (1977)  « le patronyme est à la fois le signe d’identification à l’espace de référence du groupe, marque l’appartenance à une lignée et l’inscription de cette lignée dans cet espace de référence (…). Le patronyme sous-tend à la fois un champ parental et un champ territorial ».

Cette motivation d’ordre anthropologique et social ne suffit cependant pas à justifier entièrement la présence de toponymes dans les patronymes.

Une deuxième motivation pourrait expliquer le choix des patronymes à base toponymique. Ce moyen de se situer par rapport à l’espace dans lequel on vit  ne marquerait-il pas une distanciation par rapport à l’autre (c’est-à-dire le colonisateur) ? Ne serait-il pas l’expression voulue de sa différence et de son identité ?

Les patronymes à base toponymique : un acte de résistance politique ?

La deuxième motivation est liée à la résistance à l’occupation. Le colon français, en instaurant l’état civil en Algérie, voulait de fait recenser la population (L. Milliot, 1937 :1)[9]; il s’agissait, nous dit Ch. A. Agéron, d’identifier « le village de la personne arrêtée et (d’) avoir une main - mise  sur ces populations » (Ch. Agéron, 1968, 189).

En réaction à cette opération et pour affirmer leur refus d’une décision arbitraire pour laquelle ils n’ont pas été consultés,  certaines personnes ont  opté pour un patronyme à base toponymique (des lieux familiers notamment). Par action de résistance, la population indigène a eu recours à cette forme nominative (noms de famille calqués sur des toponymes), croyant ainsi cacher sa véritable identité et contrecarrer ainsi les intentions du colonisateur qui étaient de repérer et de ficher les gens par le biais de l’état civil.

En outrepassant la dénomination traditionnelle, lignagère et héréditaire en usage jusque-là, ces populations ignoraient l’importance et l’impact d’un tel  acte. A travers ce geste de détournement de la dénomination, nous décelons un acte politique de résistance au  diktat du colonisateur : la dénomination est « un lieu d’exercice du pouvoir. Elle est conditionnée par les rapports de forces, soumise à des contraintes, obéit à des règles sociales et culturelles » (S.Akin, 1999 : 35). Cet acte linguistique d’auto-re-dénomination - les intéressés se dénomment autrement que comme ils le faisaient habituellement - devient de fait un acte militant et  d’exercice de contre-pouvoir  d’une population colonisée       et minorée, à laquelle on impose une forme de nomination nouvelle.

D’autres raisons pourraient expliquer la présence de toponymes dans la  patronymie telles que l’attribution arbitraire de noms de famille par l’officier d’état civil, comme la loi l’autorisait (cf. art. 15 de la loi de 1882) ou encore le choix de « faux-patronymes » par des personnes recherchées par l’administration coloniale pour cacher leur véritable identité.

Typologie des patronymes à base toponymique

Morphologiquement, ces patronymes se présentent sous des formes simples, dérivée ou composée; dans ce dernier cas, les deux composants sont soit séparés par un trait d’union ou un espace blanc, soit amalgamés.

Du point de vue sémantique, la typologie des patronymes à base toponymique est très variée puisqu’elle reprend pratiquement toutes les formes de toponymes. La plupart des noms de lieux ont été utilisés comme noms de personnes.

1. Nomination à base d’un nom d’eau (hydronyme) 

Les noms d’eau ont été largement employés comme patronymes, essentiellement dans la patronymie berbère (kabyle en l’occurrence). Ce fait pourrait signifier l’importance vitale qu’avaient les points d’eau pour cette population qui s’installaient par ailleurs toujours à proximité de ceux-ci.

Aman , nom berbère signifiant « eau »: le nom d’eau Amane rentre dans la formation des noms composés suivants, Titouamane, formé de l’appellatif diminutif Titouh « petiot » amalgamé à la base Amane et signifiant « l’eau de Titouh ? » et Amanzougarene  forme composée de Amane et du qualifiant Zegouarene « rouge », précisant la qualité de cette eau par sa couleur, le tout signifiant « l’eau rouge ». Tamantit, nom berbère, lieu-dit saharien, composé de aman « eau » + tit « source » signifie « source de l’eau » (J.Oliel, 1994:136)[10].

Tala « fontaine, source » ; ce nom berbère se présente sous forme simple, singulier Tala et pluriel Tiliouine/ Tilioua/ Tiloua « les fontaines, sources », toponymes de lieux habités dans la wilaya de Bouira. 

Nous le trouvons également sous la forme composée dans le patronyme Tala Boulma, syntagme nominal  composé de la base Tala, de la préposition agglutinée précisant l’appartenance, le lieu ou l’origine, n’ « de »[11] suivie du nom commun Alma « prairie naturelle », le tout signifiant « la fontaine (source) de la prairie ». La formation Talaoubrid   composée de Tala, de la préposition n’ (non transcrite) et du nom commun Abrid « chemin »)  est identique à la précédente et signifie « la fontaine, la source du chemin (située près du chemin) ».

Les patronymes Talakli, Talahari, Talamalek, sont des syntagmes amalgamés composés du nom commun Tala « source », de la préposition « n’ » agglutinée, et du prénom du possesseur du lieu sus-cité Akli, Hari ?, Malek, le tout signifiant « la fontaine, la source d’Akli, de Hari ?, de Malek ». Nous rencontrons aussi les formes Talamali   et Tala Sismane/ Talaslimane qui seraient la déformation de  Tala n’Ali  « fontaine de Ali » et de Tala n’Slimane  « fontaine de Slimane ».

Le patronyme Talahadj est construit sur le même modèle que les patronymes précédents, à la différence que, au lieu d’un prénom, nous avons un titre honorifique Hadj « le pèlerin », le tout signifiant « fontaine du pèlerin ».

D’autres noms à base de Tala rentrent en composition avec des noms de plantes, qui caractérisent ce lieu, c’est le cas de Talanerihane « fontaine au basilic »  ou encore avec des noms d’oiseaux Talantikite/ Talantikit « fontaine du coucou ? » à supposer que  Tikit serait une  déformation de Tikouk « coucou ».

Aïn « source »; ce nom de souche arabe se trouve dans les patronymes sous  une forme simple, singulier Aïn ou pluriel  ‘ouyn « sources ». Cette forme se retrouve également sous sa forme berbère Laïnser/ Aïnser , forme tautologique composée de Aïn et Ser, ayant le sens de « fontaine ». Nous la retrouvons aussi sous la forme diminutive berbère Taouint/ Taouinet « petite source; petite source non aménagée; flaque d’eau  alimentée par une source » (D.1012)[12] construite sur le diminutif arabe ‘aouina «petite source »; Laouinati « ma petite source, mon petit œil »; Laouini « mon œil, ma source ».

Le nom Aïn rentre en composition avec un adjectif qualificatif dans Aouneseghir « petites sources ». Il sert également de composant principal dans  des noms composés comme Aïn Dar « source de la maison », Aïnnas « source des gens » et Aïn El Djaneb « source du Sud ». Il est également présent dans la composition Ras El Aïn, littéralement « tête de la source », ce qui pourrait représenter une tautologie du fait que le nom arabe Ras a, en hydronymie, le sens de « source de », ainsi dans les patronymes suivants Ras El Ma littéralement «tête de l’eau » donc  « source de l’eau »  ou Ras El Oued « source de l’oued ».                             

Le nom Ghebalou est la forme arabisée du nom berbère Aghbalou/Aghebalou du nom d’eau Aghbal « source ».

Bir « puit »; cette base toponymique se retrouve dans le patronyme composé dont les deux éléments sont accolés ou séparés par un blanc comme dans Tamourtbir ou Tamourt Bir « pays du puits »; la préposition précisant la relation d’appartenance « n’ » « de » n’apparaissant pas du tout dans la transcription du nom. Sur la même construction, nous avons le patronyme Birlakhdar ; celui-ci indique à qui appartient le puits ( Bir + prénom du possesseur Lakhdar ) « puits de Lakhdar » ( là encore, la préposition a été complètement agglutinée). Le patronyme Bir Aghbalou (absence de la préposition n’ « de ») « puits de la source » qui est composé du formant Bir et du formant Aghbalou  de Aghbal « source » nous informe sur le lieu géographique de ce puits.

Targa, nom berbère signifiant « canal, fossé d’irrigation, caniveau, séguia »; à l’instar des patronymes à base d’hydronymes précédemment traités, ceux construits sur la base Targa se retrouve aussi bien sous une forme isolée que sous une forme composée associant la particule Aït « ceux de » indiquant l’appartenance ou l’origine comme dans Aït Terga « ceux de, les gens de Terga » ; ce patronyme précise le lieu géographique où sont installés ces personnes. Le patronyme Targa Ouzemour « la séguia  aux oliviers » donne une particularité de ce lieu, à savoir qu’il y pousse des oliviers.

Aguelmin, nom berbère qui signifie « point d’eau stagnante, mare,  lac, étang, endroit marécageux » (D.257). Ce nom d’eau est présent uniquement sous une forme simple dans les patronymes Aguelmin/ Agoulmin/ Agoulmime « point d’eau stagnante, mare ». Ce patronyme existe aussi sous sa forme arabisée Lebgaa « mare ».

Asif, de la racine berbère SF, « rivière, oued » (D.759)  se trouve  transcrit dans notre corpus sous la forme Acef. La forme Ouacif  se compose de la particule kabyle Bw transcrite Ou, signifiant « de », agglutinée au nom Asif, laquelle forme composée se retrouve également sous une forme surcomposée Aït Ouacif, comprenant la forme agglutinée sus-citée précédée de la particule d’appartenance Aït « ceux de » et signifiant « ceux du torrent ». Les formes Assefssaf/ Safsaf/ Sefsaf/ Sefsouf/ Safsafi, sont, à notre sens, une forme redondante de Ssef.

Ighzer, toponyme berbère signifiant « ravin, ravine, torrent, rivière, fleuve » est également utilisé sous la forme diminutive Tighzert « petite rivière, petit

ravin »; il rentre, en outre, en composition dans Ighzernali ;  la formation de ce nom est liée  à une circonstance de la vie mettant en rapport non déterminé  la personne et le lieu cité ( Ighzer + préposition n’ « de » + prénom Ali ) signifiant littéralement « la rivière d’Ali » mais qui renverrait probablement à un évènement tragique telle que la noyade d’Ali dans cette rivière. En arabe, nous trouvons le patronyme Masli/Massali( ?) qui signifie « écoulement d’eau » avec son doublet kabyle Isly « ruisseau ».                                                                    

Acherchour « chute d’eau, bouche d’eau, cascade », du kabyle CR « tomber en cascade, couler librement » (D.102). Ce nom d’eau kabyle se présente sous des formes  arabisées par la suppression de l’article défini kabyle masculin singulier [a]  « le », Cherchour/ Charchar/ Cherchar/ Chechar. Nous le trouvons aussi sous une forme dérivée (par adjonction du suffixe arabe [i] indiquant l’origine) dans les patronymes Chachouri/Charchali/ Charchari/Cherachali/ Cherchali/ Cherchari/ Chercheri/ Cherchi  « originaire de Cherchell (région ainsi nommée       et située à l’ouest d’Alger) ».    

Oued, nom arabe signifiant « rivière, fleuve » se trouve souvent sous forme composée comme dans Oued Feuil « fleuve aux (où poussent des) asphodèles » a été construit par rapport à une caractéristique de l’endroit, en l’occurrence ici le type de plantes qui y poussent en abondance.

2. Patronymes à base d’un nom de relief (ou oronymes)

Les patronymes à base de noms de relief sont, au vu du corpus traité et à l’instar des patronymes à base d’hydronymes, plus nombreux dans la patronymie de souche aussi bien berbère qu’arabe. Ce fait s’expliquerait par la nature du relief montagneux des régions berbérophones telles que la Kabylie ou la région des Aurès et par  la relation privilégiée qui unit la population locale à son environnement.

Parmi ces patronymes à base d’oronymes, nous trouvons des noms simples faisant directement référence au site comme dans les doublets arabe Djebel et berbère Adrar qui sont en même temps des noms communs signifiant « montagne » mais aussi des noms propres dans le cas d’Adrar notamment, nom de la célèbre région du Sud algérien; de même pour Djerdjar, nom de l’importante chaîne de montagne de Grande-Kabylie ou Djerdjouri, dérivé du nom Djerdjer. Elle  désignerait une personne originaire d’un des nombreux villages perchés sur le mont du Djurdjura.

Aguergour, de la racine berbère GR « dévaler une pente », est le nom d’une montagne dans la wilaya de Béjaïa. Il serait construit sur le nom de Agour « caillou, petite pierre éminente contre laquelle trébuche le pied » par extension « obstacle, difficulté, problème » (F.Cheriguen, 1993: 70)[13].

Arafi de Arafat, montagne située à quelques lieues de la Mecque où les pèlerins effectuent une  halte,  le 9 du mois Dhû l-Hijja. Ce patronyme est construit sur l’origine géographique du nommé. 

Saf / Safa « rocher » est le nom du promontoire rocheux proche de la source de Zamzam associé à Marwa. Le Hadj parcour sept fois la distance séparant ce rocher de Zamzam. Ce parcours fait partie du rituel du pèlerinage sur les lieux saints de l’Islam (Y. et N.Geoffroy, 2000).

Certains patronymes renvoient directement à la hauteur du relief, ainsi les noms berbères Tizi « col » avec son pluriel Tizioua « les cols »,  rentrant également en composition dans le patronyme Tizi Oualou « Col de la hauteur», « Col de rien ? »; Akachouche/ Akchouche « la cime d’un arbre ou d’une montagne, le sommet » ou encore Aqerru(y) qui signifie littéralement en kabyle « tête » et par extension de sens « sommet, pic (de la montagne) ».  

La  désignation berbère et arabe de tous les types de relief et de degrés de dépression a été fortement reprise dans la patronymie algérienne. Est ainsi présent le nom berbère Ighil  signifiant « colline, bras de la montagne » (D.608) et qu’on trouve également sous sa forme diminutive Tighilt/ TaghiltTaghlit / Tighilt/ Toughit « petit bras de montagne, petite colline » ou en composition avec un prénom ou un nom commun. Dans le premier cas, la dénomination précise la relation d’appartenance existant entre la personne (propriétaire) et le lieu ; ainsi  Ighil Ali signifie que la colline appartiendrait à Ali, lui serait de lieu d’habitation à Ali ou qu’un évènement par rapport à cette colline serait survenu à Ali. Parfois encore, ce nom stigmatise un événement particulier, établissant une relation entre cette colline et la personne nommée, ainsi Ighilagha « la colline du gouverneur », Ighilahriz « la colline du protégé ».

Lorsque c’est un nom commun qui entre en composition avec le nom de relief Ighil, il s’établit alors une relation  de description du lieu par rapport à une de ces caractéristiques, comme l’illustre le patronyme Ighilbouchene littéralement « la colline du chacal » et qui signifierait qu’à cet endroit se trouvaient probablement des chacals. Ighilarba/ Ighillarba « la colline du mercredi» indique le lieu où se déroulait le marché hebdomadaire. Une autre explication pourrait être donnée si Larba est le nom d’une ville, auquel cas le nom composé signifierait « la colline de (qui se trouve à) Larba ».

Le nom composé Ighil Mellah/ Ighilmellah  « colline de sel », composé du nom de relief et d’un adjectif qualificatif Mellah  de mallih  « salé » était certainement le nom d’une colline de sel. Dans une forme arabisée, nous avons le patronyme Chaaba « pic atténué ».                                                                                                               

Aguemoun/Ouguemoune «tas, amoncellement, mamelon de terrain, colline » (D. 261) se trouve aussi sous sa forme diminutive singulier Taguemount/ Taguemout/ Tegmount  « petite colline » et pluriel Tiguemounine/ Tiguemounime/ Tiguemounine « les petites collines ».

Aourir « colline, éperon, mamelon » est également repris sous sa forme diminutive Taourirt « petite colline, petit mamelon de terrain ».

De manière moins récurrente, sont présents les génériques de souche arabe dialectal  Koudiat « colline rocailleuse»,  Draa « colline de forme allongée », Kef « rocher », Kiffane « ravin, gouffre », Haoud « dépression peu étendue », toponymes de relief, repris comme patronymes. 

Aguenni, nom berbère signifiant « plateau, terrain plat dégagé, élevé par rapport à l’environnement » et sa forme diminutive Taglit/ Tagnit « petit plateau, petit terrain plat » (D.263) sont présents isolément  ou dans des formes composées.  En combinaison, comme dans Agouni Nessouk (Agouni + n’ + Souk) « terrain plat où se tient le marché hebdomadaire », il précise l’activité qui a lieu à cet endroit. Le patronyme Tagnit Hamou (Tagnit est le diminutif de Agueni), signifiant « le petit terrain de Hamou » indique le possesseur de cet endroit.

Acherouf de CRF signifiant « grand rocher, précipice, pierre » (F.107)[14] se trouve également dans sa forme pluriel Acheroufene « les pierres ».

Azrou « rocher, pierre, caillou » est également présent sous sa forme diminutive Tazrout « petite pierre, petit rocher » et composée dans Azrou-Isghi « la roche du vautour », endroit où tournoyait précisément ce type d’oiseaux-rapaces.

Tahadjrent est le féminin de Ahdjaren, qui est lui-même un emprunt à l’arabe Hadjar « pierre ». Nous avons aussi le patronyme Bouhadjar « terrains pierreux     et rocailleux » qui signifierait, selon Pellegrin (1949 b, 362), non pas « l’homme aux pierres » mais plutôt un « lieu où se trouvent des restes de constructions romaines ».

Graradj de la racine berbère GRJ est la déformation de la forme toponymique kabyle Agraradj  « gros gravier, pierraille, tas de pierraille, décombres » (D.274) ; On retrouve également la forme Tagredj, déformation du diminutif Tagraradjt  « petit gravier,  petit tas de pierres ».

Affroun/Affroune/Afroun/Afroune: de la racine berbère FR, effer « cacher » de ifri « escarpement, rocher escarpé, grotte abri sous roche » (D218), est aussi le nom d’une ville d’Algérie.  Tifrit est la forme diminutive de Ifri « escarpement; rocher escarpé; grotte; abri sous roche » (D.218), également nom de village de Kabylie.

Agadir de la racine berbère GDR (F.I400), « talus, terrain en forte déclivité, escarpement » est le nom d’une ville marocaine.

Aqerqar « rive, endroit sec et pierreux » (D.670), forcément surélevé par rapport au niveau d’eau, de ggerger « couler librement, laisser couler, couler en faisant glouglou » de l’arabe qrqr (D.267).

Gherasselgoum est la déformation de Gher bw Sardoun « la grotte du cheval ? ». Tighiouaret/Tighiouart « petite grotte, caverne » est le  diminutif de Ghar « caverne, grotte, gorge, trou, repaire » (D.632).

Amalou/ Amamou de la racine berbère ML « versant le moins ensoleillé, le côté de l’ombre où la neige reste le plus longtemps » (D.498) se retrouve dans l’ethnique Aït Oumalou

Issiakem/ Issiakhem/ Issiakhene est le pluriel de Asyakh « éboulement, inclination, versant » (D.801).

3. Patronymes à base de noms de territoire utile (lieu plat, terre travaillée et espace habité)

Certains patronymes à base de noms de lieux indiquent la nature du terrain occupé et travaillé par les populations.

Tamourt/ Timoult/ Timount « pays, terre ». Celui-ci se retrouve également comme formant dans Tamourtbir/Tamourt Bir/Tamourtebir de Tamourt signifiant « le puits de la terre ».

Bled « pays, terre », équivalent arabe  de Tamourt se retrouve aussi dans les formes composées telles que Cheick Bled littéralement « le vieux, le sage du pays » et Benbeldi « fils de celui qui vient du pays, enfant du bled ».

C’est ainsi que nous avons le patronyme Akhal/ Akkal « terre (matière ou terrain occupé) » et Douar, nom toponymique  de souche arabe signifiant « fraction de hameaux ».

Tiguemit  de la racine berbère GM,  est le diminutif de Tigmi « vaste terrain de culture, toponyme de champs » (D.260).

Aftis « champ humide », de la racine FTS du verbe eftes « être planté en  bordure d’une rivière ». Ifticen/ Ifticene/ Iftissen est le pluriel du nom kabyle Aftis « champ humide, marécageux », Ifticen, par sa forme pluriel, nomme le groupe  qui habite cet endroit et signifie par conséquent « ceux de Aftis » (D.240).

Maredj/ Merd, Merdji/ Merdja est un toponyme de souche arabe signifiant  « pré », sa forme féminine Meridja et dérivée Merdji/ Meridji signifiant « originaire de Merdj ».  Merdja « la prairie » et la forme composée  Benmerdja/ Boumerdja « lieu où se trouve une prairie, endroit vert »[15]

Tagzout, déformation de Taghzout « champ, terrain en bordure de rivière; terre d’alluvions » (D.634) se retrouve aussi dans la forme Taghzozite (déformation de Tighzozine ?), pluriel de Taghzout.

Alma signifie en berbère « prairie naturelle, endroit marécageux, humide      et herbeux » (D.454). Ce toponyme se trouve également sous sa forme féminine ou diminutive  Talmat/ Telmat  « petite prairie marécageuse et  humide », sa forme féminin/pluriel  Tilmatine/Tilmati/Timatine « petites prairies marécageuses et  humides » et masculin/ pluriel Almat/ Ilmane/ Ilmatene « prairies naturelles ». Il est par ailleurs présent sous  forme composée, soit pour désigner le propriétaire du champ, comme dans les toponymes Almabouada « prairie de Bouada, celle du bas ?»; Ikhalfoulma signifie « champs d’Ikhlef » et Talmat Amar « la prairie d’Amar », soit pour désigner une caractéristique de cet endroit comme dans le toponyme Almasba (a) « prairie du lion », endroit où probablement se trouvait des lions, où a été vu un lion  ou encore lieu où a été chassé un lion.

Le patronyme de souche arabe El Bouri  est dérivé du nom de terre Bour signifiant « prairie, steppe, terre en jachère».

Tazaghart est un nom toponymique berbère féminin de  Azaghar « plaine, plaine sèche » (D.952). Zagher est la  déformation du nom kabyle Azaghar  mais aussi Tiguemit de Tigmi « vaste terrain de culture ».

Sehel/ Sehl/ Sehil est un nom arabe signifiant « étendue plate, plaine, côte  littoral». Sehili/ Sehouli,  nom  dérivé de Sahel « originaire du Sahel » et son féminin Sahalia/ Sehailia « femme du Sahel ». Celui-ci se trouve par ailleurs accompagné de la particule berbère d’appartenance servant à désigner la tribu Aït dans  Ait Sahalia/ Ait Sahlia « ceux de la plaine ». 

Iguer, nom berbère, à rapprocher de la forme d’origine latine Ager « champ labouré et ensemencé de céréales (orge, blé), champ de céréales en herbes, épi », Iguemane, pluriel de Iguer et son diminutif Tiguert « petit champ fertile » (D.270). Nous le trouvons également dans la formation Ait Igrin/ Tigrine, nom composé de la particule d’appartenance kabyle servant à désigner la tribu  Aït et du nom commun Tigrine « petits champs fertiles » pluriel de Tiguert « ceux de Tigrine ». 

Ce nom rentre par ailleurs souvent en composition, relevé dans les toponymes suivants Igherbousbane « champ de ? », Igranaissi  « le champ de Aissa », Iguarali « champ d’ Ali »  Iguernellala « le champ de Lala », Iguerguigui « champ de Guigui ». Lorsque Iguer est accompagné d’un prénom, surnom ou nom honorifique, on nomme  le possesseur du champ. Dans Iguerlarba « le champ du mercredi » : « marché du mercredi ».

Le toponyme Iguerbouchene/ Igherbouchenne Ikarbouchen « champ du chacal » renvoie à un fait particulier en relation avec cet animal (champ où se trouve des chacals, où a été tué un chacal…).                                    

Amazit nom berbère de la racine MZR, augmentatif de Tamazirt « champ ou jardin situé en bordure de village » fréquent en toponymie » (D.530) et son pluriel  Timizar « les champs ou jardins situés en bordure de village »; on le trouve aussi dans la formation composée Outamazirt/ Outamazirit/ Outamazirt « celui de la prairie ».

Akouir, toponyme kabyle signifiant « petit jardin, sous les murs du village pour le jardinage de quelques légumes » (D.685) et son pluriel Ikouirene « les jardins ».

Temagoult, de la racine berbère MGL, déformation de Tameggalt, lui-même féminin de Ameggal « labour sans semailles; terrain défriché non ensemencé » (D.489).

Tibhirt, à rapprocher de la forme arabe bhira, est un toponyme kabyle signifiant « jardin, espace vert » mais aussi Tiguemit de Tigmi « vaste terrain de culture ». 

Ghazaouet, nom de la ville de l’ouest algérien,  est le masculin de Taghzouyt « le creusé;  nom d’un ensemble de champs fertiles situés dans la plaine, vallée de la Soummam, plaine entre deux montagnes ».

Les populations ont également pris le nom de leur village, de leur habitation ou d’une partie de celle-ci comme le montrent les noms suivants:

Tamadart  est le nom formé sur le nom kabyle Taddart « village »  et qui signifie « l’habitante de Taddart ».

Hara signifiant « espace cloîtré d’une maison, d’une cour » et Aït-El-Hara signifiant « ceux de l’Hara », Haouch également nom arabe qui veut dire « ferme ».

Azeb/Azib de ‘ZB signifiant « habiter une maison ou une cabane dans la campagne », Laazib « ferme, établissement agricole ou habitation isolée dans la campagne » (D.1014) » et son diminutif kabyle Tazibt « petite ferme », Azebi « provenant de Azeb ». 

Bordj, nom arabe signifiant « fort, résidence ou magasin » ; Bordji  nom d’origine géographique signifiant « originaire de Bordj Bou Arreridj ; ville à l’est de l’Algérie) ;  Kalaa « citadelle ». Il faut aussi relever le composant désignant les ruines romaines dans l’est de l’Algérie Henchir.

Tizeghouine, même sens que Tizeghoua qui est le pluriel de Tazeqqa « maison en maçonnerie: pierre, pisé » (D.952) mais aussi Biout pluriel de souche arabe Bit « chambre, pièce ».

Ali Aouchiche, nom composé du prénom Ali et de Aouchiche « hutte en paille » ou encore Aderboub type d’habitation précaire signifiant « gourbi ».

Tagrourt, nom kabyle est le féminin de Agrour « réduit où l’on enferme le petit bétail » (D271).Tigharghane/Tigharghar/Tighraghar est un nom kabyle signifiant  « sol de maison, distinct de l’étable » (D.623).

Taseddarit est un nom kabyle qui signifie « endroit où on s’abrite, abri ».

Ijgua est le pluriel de Ajgu qui veut dire «poutre, bois de charpente»D.362).                                          

Aghalad/ Aghelad « murette de pierres sèches, petit mur servant d’enclos »   et la forme composée   Boughalad « lieu, endroit où se trouve des pierres ».

4. Patronymes à base de noms de lieux d’installation et de peuplement

Les caractéristiques topographiques entrent également dans la composition (la formation) des patronymes algériens.

Les populations se sont également désignées par rapport à leur situation/localisation dans l’espace occupé, de bas en haut, de la montagne vers la plaine.

Ainsi avons-nous ceux d’en haut  comme le signifie Aït Yala, Aït Oufella « ceux d’en haut », Ait Djoudi Oufella « Ait Djoudi d’en haut » ou encore Gheroufella/ Gharfala/ Gueroufella  « la grotte d’en haut », Yaali/ Yaili/ Yala nom qui dérive du verbe arabe Ya‘la « prendre de la hauteur » et ses dérivés Yalaoui/ Yallaoui/ Yellaoui, qui sont des noms d’appartenance, « de Yala ». Le haut est également désigné par le lieu d’habitation qu’est  la montagne ou la colline comme dans Boudrar/ Oudrar « celui qui vient de la montagne », composé de la particule d’appartenance kabyle Bou/Ou « celui de » et du nom de lieu Adrar « montagne »; Iboudrarene, pluriel  de Boudrar « ceux de la montagne, les montagnards »; Tamedrari/ Tamdrar est la transcription déformée de Tamdrart « la montagnarde » féminin de Amdrar « le montagnard », Bendjebel  est l’équivalent arabe de la forme kabyle Boudrar « celui de la montagne, le montagnard ».

Ceux d’en bas sont désignés par Aït Ouadda   ou encore par Aït Sahalia/ Aït Sahlia/ Bensahel « ceux de la plaine, de la steppe ». Souahla/ Souahlia signifie « qui vient du littoral » et Souhali qui est un nom d’origine géographique « habitant du Sahel ».

Nous avons également relevé le patronyme à base toponymique Anane/ Annane « horizon, toute la partie du ciel que la vue embrasse ».

Les quatre points cardinaux, nord, est, ouest et sud, ont également servi à situer les populations par rapport à leur lieu de provenance :

Chamal / Chemal « nord » mais aussi  Benchemal / Bouchemal « fils du nordiste ».

Chark « est », Chergui « qui vient de l’est »,  Cheriegue/ Chériguen (pluriel de Chergui)  « qui viennent de l’est », Benchergui « fils de celui qui vient de l’Est » mais aussi Kabla/ Kabli « direction de la Mecque ».

Gharb « l’ouest, le couchant » (D.624) se trouve présent dans différentes formes Ghrieb/Legreib/Loughraib/Loughraieb/ Lougraieb « l’ouest, l’orient », Gharbi « qui vient de l’Ouest », Bengharbi/ Benghrieb « fils de celui qui vient de l’ouest », Ait Gherbi « ceux qui appartiennent à celui qui vient de l’ouest »,  Tagheurbit / Tararbit nom féminin kabyle signifiant « l’occidentale, l’étrangère », formé sur Agharbi « l’occidental ; exposé à l’ouest ». La forme  masculine peut être également rapproché du champ sémantique de « l’étranger » : Ghrieb, Legreib...

Djanoub « sud » se trouve dans Djenoub « Sud (famille située au sud de la tribu) », Djanoubi « sudiste », Bendjanoub, Bendjanoubi « fils du sudiste ».

Certains patronymes sont construits sur la base de toponymes indiquant la nature, la qualité ou une caractéristique du lieu nommé. Etant des anthroponymes à l’origine (laqab), ils ont servi dans un deuxième temps à nommer un lieu. Ils ont été employés par la suite comme patronymes par le phénomène de retour. Ces anthroponymes sont construits avec la particule Bou accompagnée d’un complément en rapport d’annexion[16].i

Boualili, du berbère « alili »: « endroit où poussent des lauriers-roses ».

Bouzaréah/ Bouzraïa « là où il y a de la semence », peut représenter un endroit fertile en céréales.

Boufarik « pays où l’on recueille le premier froment » (frik, blé vert, premier blé).

Bourebia « lieu où l’herbe des pâturages pousse haute et drue ».

Bounouara « tanière du renard à la queue très fournie (nouâra, panache, houppe)», ou « endroit des arbres à fleur ».

Boudissa « endroit où abonde le diss (ampedolesmos tenax) ».

Boughezel / Boughezoul « endroit fréquenté par des gazelles ».

Bouhallouf , du berbère « ilef »: « endroit où l’on rencontre des sangliers ».

Boukhenafis « lieu aux scarabées noirs ».

Boufar/ Boufara « là où gîtent les rats des champs ».

Bouhadjer/ Bouhadjera « terrains pierreux et rocailleux; lieux où se trouvent des restes de constructions romaines ».

Boughar/ Boghar « lieu où il y a une grotte ».

Ghar-ifri : formation tautologique arabo-berbère : « Grotte de la grotte »; appellation punique selon A. Pellegrin (1949 b : 362)

Bou Kornine « lieu où il y a deux montagnes, deux pics de montagne ».

Belchouk « endroit plein d’épines ».

5. Patronymes à base de noms géographiques

Les patronymes à base toponymique comprennent de nombreux noms géographiques (ville, village, pays).[17]. Cette forme de nomination, appelée « nisba » (ou « nom de relation ») dans la structure du nom arabe était à l’origine un surnom qui venait se surajouter au prénom et qui permettait de situer la personne et de l’identifier avec plus de précision (J. Sublet, 1991).

Ce type de patronyme à base de nom géographique se construit souvent avec le toponyme lui-même, auquel on ajoute, en finale, le suffixe arabe –i ou – iya indiquant la provenance. Il précise la ville, la région du pays ou le pays d’où est originaire la personne nommée:

Bordji « originaire de Bordj Bou Arreridj », Isseri « originaire des  Issers », Annabi, Lannabi, forme francisée de El Annabi,  « originaire d’Annaba (ville de l’est algérien) »; Lebdjaoui / Lebjaoui, forme francisée du nom d’origine géographique « Bejaïa » « le Bougiote »; Lemlikchi « originaire de Mlikeche »; Souffi Soufi « originaire du Souf » ou « adepte de la doctrine souffiste » ; Staifi « de Sétif »; Djidjli « de Djidjel »; Souri « de Sour el Ghozlane » ; Maskri/ Maskeraoui « originaire de Mascara », Meliani/ Miliani « originaire de Miliana »; Mellili « originaire de Melila »; Mosteghalemi « de Mostaghanem » ; M’sili « de M’sila » ; Alhoggari  « l’homme du Hoggar »; El Gourari « du Gourara »; Draoui « du Draâ »; Attatfa pluriel  de Attafi, « ceux de Attaf », ville centrale d’Algérie;; Biskri « de Biskra (ville à l’est de l’Algérie) » ; Sahraoui « provenant du Sahara » ; Lasnami « originaire d’El Asnam (ouest algérien) »; Titri/ Tittry « région du centre de l’ Algérie »; Leulmi « originaire de l’Eulma »; Louergli « originaire de Ouargla (sud algérien) » ; Naili « originaire de Oued Naïl »; Skikdaoui « de Skikda », Menaili  « de Bordj Ménaiel »; Hodhni  « originaire du Hodna »; Djazairi / Djazieri / Djaziri / Djezairi/ Djeziri/ Dziri/ Dziril « l’Algérien, l’Algérois »; Relizani  « originaire de Relizane (région de l’ouest algérien) »; Faci/ Fassi « de Fès »; Stamboul, nom de ville, « Istanbul », Soussi « de Sousse, Tunisie »; MatmatiMetmati « originaire de Matmata (sud tunisien) », formation ethnonymique également; Leghdemsi « originaire de Ghadames (Libye) », Kourdi « de Cordoue », Kasdali/ Kasdarli/ Kazdali/ Kastali, du turc Kazdadji « originaire de Kaz dadji , ancien nom d’une montagne dans la wilaya de Biga », Ghernati/ Ghernouti/ Gharnaouti/ Ghernaouti / Gharti / Ghanaouti / Guernouti « originaire de Ghernaout » nom d’un village dans la wilaya d’Isparta, district d’Yalvac ,    Ghougali, déformation  de Ghubali, nom turc Kuba/ Kubali  « ville en Azerbaidjan »; Azougli / Azouguili nom d’origine turque  Azuagali « originaire de Azouagha  (Azuaga), ville de l’Espagne de l’ouest », Djitli, nom  toponymique turc « village célèbre pour ses eaux minérales » (A. Parzymies: 1986).

Il arrive même qu’il y est une redondance de la désinence d’appartenance ; au suffixe arabe [i, iya] en finale du mot s’ajoute à l’initiale du nom la particule d’appartenance berbère Aït. Ainsi, en est-il du patronyme Aït Touati   qui signifie littéralement « ceux de celui qui vient du Touat ».

Il renseigne également sur le pays d’origine de la personne étrangère à la communauté:

Altunci / Bentounes/ Bentounsi  « Tunisien/ Tunisois »; Landelouci/ El Andalouci / Andalousi / Andaloussi, nom d’origine géographique «l’Andalou»; Gharnaout / Ghernaout / Gharout / Gherouat / Gharnaouat, nom d’origine turque Arnavut « Albanais »;  Legouera/ Legouira/ Legwars « l'Européenne », Marakchi  « originaire de Marrakech (ville du Maroc) », Meknassi « de Meknes », Megharbi/ Megherbi / Merarbi « originaire du Maroc », Cherif-Ouazani «de Ouazène (Maroc)»;  Al Moghrabi « le Marocain »; Masri/Mesri « originaire d’Egypte », Makaoui / Mekaou / Mekaoui / Mekkaoui / Mekkat / Makati, nom dérivé de Mekki Meki/ Mekki « qui vient de la Mecque, natif de la Mecque ou résidant dans cette ville» ;  Malti  Melti « le Maltais », Gritteli  Grittelli / Gueriteli / Gueritli, déformation de Criteli,  « originaire de Crète », Terki / Benterki « turc, fils du Turc »; Masrali / Massrali / Masreni, nom turc Misirli « Egyptien »( ?), Ahendi « l’Indien/ l’Indou » .

Parfois, l’individu a pris tel quel comme patronyme le nom géographique, du village, de la  ville ou du pays de provenance :

Abizar, Azazga, Isser, Masker « Mascara (dans l’ouest algérien) », Mosteghanem « ville de l’ouest algérien », Adrar, SenousKheroub / Kherroub, déformation de KhroubHadjout, Touat « région du Sud algérien », Tounes  « Tunis ou Tunisie », Meknache, Meknes, nom de ville du Maroc, Nador, nom de région du Maroc, Kerouane, nom de ville (Kairouane : marocaine) , Karamane, du turc Karaman, nom de village, Djabbal du turc Cebali « faubourg de Constantinople habité principalement par des Juifs » ; Guedjal / Guedwdj, nom turc Gacal / Gadjal / Guedjali « indigène, Turc habitant la Bulgarie du Nord-Est ».

6. Patronymes à base de noms en rapport avec des éléments naturels

Nous avons intégré dans cette typologie des patronymes à base toponymique les noms qui s’inspirent de l’environnement naturel de l’homme et qui reprennent, non pas des noms de lieux proprement dits, mais des noms qui renvoient à un élément naturel de ces lieux. Ce type de patronymes précise bien l’incrustation de l’individu dans son environnement immédiat et son adhésion totale à ce milieu naturel dont il n’est qu’un élément parmi tant d’autres.

Fekhar et son doublet berbère Kellal / Oukellal « argile » ; Timlelt / Timlet du berbère ML, déformation de Tumlilt « argile blanche qui sert à décorer les poteries ainsi que les soubassements intérieurs de la maison »(D.498).

Remli / Remla « sable » mais aussi Bentrab «endroit sablonneux», Outirba / Outarab, forme composée de la particule de filiation berbère Ou et du nom commun arabe Trab et Louhal de  lwahal « sable fin ».

Ouadfel « ceux de la neige » et son équivalent arabe Bouteldja / Bouteldji  mais aussi Teldj / Teldja « neige ». Issola/ Issolah / Issouli est le pluriel de Asalou « couche de neige assez épaisse (quand on marche dedans, le pied n’arrive pas au sol » (D.771). Lighima / Leghima / Leghouimi qui est le diminutif du nom arabe ghouyoum « petit nuage », mais aussi Abahri « le vent » et Raad « tonnerre » en arabe.  

Aziri / Azira / Aziria / Azziri / Azri  « la lune » en berbère, masculin de Tiziri « la lune », Azirou, diminutif de Aziri « petit Aziri ». Cette notion est également reprise en arabe dans le patonyme Abouhilala littéralement « père du croissant ».                                                            

Nadjem / Nedjam « étoile, astre » et son pluriel Nedjoum / Nejdoum « les étoiles »; Nedjema / Nedjma prénom féminin arabe « l’étoile»; Nadjemi « de Nadjm »; Nedjmaoui  « de Nedjma ».

Chamsan / Chemcham « soleil » et Chemissa / Semcha, diminutif de Chems « petit soleil». La lumière est également évoquée dans les patronymes Tafat / Outafat « ceux de la lumière » ainsi que Rebaï / Rabia / Rabéa « printemps, végétation abondante, pluie printanière ».

Certains patronymes reprennent des noms de plantes sauvages faisant partie de  la nature  et de l’environnement de l’homme:

Ouzou « orties » ou Touzout, diminutif de Azzou « genêt épineux »D.927; Aït Ouazzou déformation de Aït Bw Azzou littéralement « ceux du genêt ».

Oulmou/ Oullemane / Almou / Halmou / Boualma, à rapprocher du latin ulmus « orme, ormeaux, arbuste qui pousse près des points d’eau »; Aoulmi  « ceux de Oulmou ». Toulmoutine, formé sur la racine berbère LM, est la déformation de Toulmatine « les ormes, les ormeaux » qui est le pluriel de Toulmouts, lui-même féminin de Oulmou « orme, ormeau » (D.454).

Timarsat, nom berbère de plante «menthe poivrée », mais aussi Tissemlane, nom berbère de plante  de Isemlel « arbuste à fleurs blanches dont le bois à moelle très développée est recherché par les enfants pour fabriquer des pistolets à bouche « Sureau ? » (D.780).

Touzaline, de la racine berbère ZL, pluriel de Touzzalt « églantier » (D.942).

Bellout « gland » et TabeloutTebelout de la racine BLT,   féminin de Abelout « gland sauvage » et sa forme arabisée Bellout « gland ». Aflous « glands séchés    et décortiqués »D.207

Chamlal / Chemlal / Chemlel / Chemloul / Chemil, nom berbère de  achamlal « variété de figuier ».                                       

Zebboudj / Zeboudja « l’olivier sauvage »; Izboudjene, pluriel de Azebboudj « olivier sauvage » et signifiant « ceux de Azebboudj ». 

Larara / Lerari / Lerrari, nom arabe de plante 'ar'ar « genévrier » ou de el'arara désignant la « marguerite ».                              

Zaater/ Zaatir/ Zaatri/ Zaiter/ Zaitri/ Zater/ Zather, nom arabe de plante  « thym, serpolet » et son diminutif Zaïtra.

Safsaf/ Assefsaf « saule-pleureur, plante poussant près de l’eau »; Aghanim « roseau », Boughanem « endroit où poussent les  roseaux ».

Alkama / Alkema, déformation de ‘alqama « coloquinthe »; Aflous « glands séchés et décortiqués » (D.207) ; Medjir, nom berbère de  plante ; Illoul, de Ilili/ Alili « laurier-rose ». 

D’autres noms de famille reprennent les noms de légumes, fruits ou parfums et senteurs qu’ils produisent. Une telle désignation aurait valeur du « laqab » arabe ou surnom. En se désignant par des noms de plantes, de fruits ou d’éléments naturels, l’individu pense acquérir une caractéristique de cette chose (A.M. Schimmel, 1998: p. 25).

Tameur/ Thameur/ Temar/ Temmar/ Tamerti de Tamra « datte » et son diminutif Touimeur « petite datte ».

Tarmante/ Roumane/ Remmane/ Remane/  « grenade, grenadier » et le nom d’unité Reman/ Roumana « grenade (fruit) », Roumani « de Roumane ».

Lanani déformation de l'anami de 'anam,  nom arabe de plante  signifiant « groseiller ».                                                 

Zeïtoun/ Zitoun/ Zitouni  « olive / olivier » et son équivalent kabyle  Zemmour/ Zemouri/ Azemmour « olive, olivier »; Lous/ Louz/ Louze,  nom  arabe d’arbre signifiant « noyer »; Iggui, nom kabyle de plante « chêne- liège » (D.247) ;

Tabakretine, de la racine berbère BKR, pluriel de  Tabakourt « figuier qui donne ces figues » (D.20) et déformation de Tibakourine, féminin  pluriel de Abakur « variété de figue précoce; figue-fleur »; Kerbouche de akherbouche « petites figues, vilaines ».

Tamechmecht « abricot, abricotier »; Zaarour/ Zarour « nèfle, azerole »; Zbib « raisins secs » mais aussi Tadjnant « vigne grimpante ».

Naanah/ Nahnah/ Nehnah  nom arabe de plante na’na’ « menthe »; Rihane nom arabe de plante « basilic, myrte »; Talha/ Talhi, déformation de  Tilah  nom arabe de plante « acacia »; Zendjabil/ Zendjebil, déformation de Skandjebil  « clou de girofle »; Zentar, nom de plante « polygonum aviculare, renouée des oiseaux » D. 950.

Batata « pomme de terre », Khiar « concombre », Besbes  « fenouil ».

Aber, déformation de ‘Abir « parfum composé de différentes essences, bouquet; le safran » (Geoffroy : 2000, p.293) ; Anbar « ambre gris », Belmesk « le musk ».                                          

Conclusion

La première remarque que nous pouvons faire à propos de ces patronymes à base de noms de lieux concerne la langue d’où ils sont issus: la grande majorité de ces patronymes est de souche berbère. Cette constatation suffit-elle à affirmer que ce phénomène de nomination à base de toponymes constitue une régularité de l’anthroponymie kabyle? Ou bien n’est-ce qu’un « subterfuge » conjoncturel et historique né de l’instauration de l’état civil ?

Au plan de la représentation mentale, l’adoption du surnom à base toponymique comme patronyme a, à notre sens, une portée qui dépasse le cadre linguistique. Il symbolise l’enracinement, l’ancrage de l’individu dans son milieu naturel, l’attachement de l’homme à sa terre et à tout ce qu’elle produit. Ce processus de nomination, de part les conditions historiques de sa mise en oeuvre, révèle à la fois une densité sémantique et une système de référenciation symbolique à des catégories et à des formes de représentations mentales collectives et individuelles locales dominantes, dont il faudrait, un jour, systématiser le traitement en généralisant la description aux formations patronymiques algériennes de couche arabe.

Cet investissement identitaire se porte sur des biens qui symbolisent, de différentes manières, cet attachement à la terre : maison, jardin potager, champs cultivé s, arbres fruitiers, mais aussi au relief et à la faune et à la flore environnantes. En outre, ces patronymes montrent bien l’inscription de l’Algérien dans son milieu fondamentalement rural (les patronymes relatifs à la citadinité sont rares dans le corpus étudié). Le fait que l’être se nomme par rapport à son environnement proche et  à tous les éléments qui composent celui-ci précise bien que l’identité elle-même se fonde, entre autres paramètres, sur celui  de l’espace.

Par rapport à l’acte linguistique de nomination et de choix du patronyme à inscrire sur les registres de l’état civil, ce type de nomination, eu égard à ses ancrages de type anthropologique, représente bel et bien une forme de revendication identitaire face au colonisateur.                                                                                                                   

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Notes

[1] D’autres composants qui précisent l’individu se sont greffés (noms d’origine, surnoms, diminutifs…) au prénom de l’individu, ceci, pour éviter les confusions homonymiques.

[2] Cet auteur signale que ce fait n’est cependant pas rare dans l’anthroponymie mondiale.

[3] Le corpus d’où ont été prélevés les exemples cités dans cet article est celui de notre travail de thèse de Doctorat.       

[4] AKIN, S., 1999, « L’acte d’auto - dénomination constitue ainsi une affirmation identitaire intrinsèque. Lieu d’affirmation identitaire, la dénomination est aussi lieu d’exercice du pouvoir. Elle est conditionnée par les rapports de force, soumise à des contraintes, obéit à des règles sociales et culturelles. » p.35

[5] AKIN, S., 1999, « elle (la subjectivité) permet à l’instance nommante de se distinguer, de se classer, de s’affirmer à travers les dénominations attribuées aux objets », p.35

[6] En Kabylie, le nom de personne donnée à une terre ou à un lieu quelconque identifie le possesseur de ce lieu ; il lui est également définitivement acquis même dans le cas où il change d’acquéreur.

[7] Pour preuve, les terribles disputes, qui aboutissent parfois à des vendettas meurtrières, suite à un différend sur un lopin de terre, un partage, un héritage ou une limite de terre. De plus, signalons pour exemple, qu’un Algérien vend ou cède rarement sa terre même lorsqu’il est dans le plus grand dénuement.  

[8] SIBLOT P., 1997,  « Nomination et production de sens : le praxème », in Langages, 127, p.38-55 « la désignation d’un individu unique par une dénomination unique constitue une parfaite corrélation biunivoque, dans laquelle le lien entre l’être et son nom s’affiche avec la force de l’évidence. L’être et le nom y forment un tout où la personne incarne la dénomination, et où celle-ci signifie la quiddité de celle-là »

[9] « l’état civil est une institution de police - au sens large de l’expression - sa réglementation comporte, en effet, un ensemble de mesures destinées à assurer la protection des personnes   et des biens. »

[10] « Le nom de Tamentit (prononcer « tmantète ») serait formé de deux mots berbères « aman » (l’eau) et « tit » (la source), ici associés et affectés, conformément aux règles de la morphologie de la langue berbère, des deux « t » initial et final, les marques du féminin. Cette interprétation souligne l’importance de l’eau pour les premiers habitants de Tamentit, fondée probablement au début du VIème siècle. Tamentit est alimentée en eau par (…) une source. »  

[11] La préposition kabyle « n’ » est  assimilée en « bw » devant les voyelles du nom qui suit (Dictionnaire DALLET p.533) et transcrit en  « bou »    

[12] D. signifie DALLET en référence au dictionnaire de Jean-Marie Dallet (1988).

[13] « KR/GR peut exprimer les deux sens opposés (amont/ aval) d’une même réalité, d’un élément naturel géographique élevé »

[14] L’abréviation F. renvoie au Dictionnaire du père Charles  de FOUCAULD, 1951

[15] Sur les différents emplois de Bou,  consulter Pellegrin op. cit.

 

[17]: «  L’usage, en effet, voulait qu’un élément de « localisation » fût ajouté au nom d’un étranger pour se donner les moyens de le « situer » (…); cette précision n’avait d’intérêt qu’à l’extérieur pour identifier l’origine de la personne. » OLIEL J. op. cit.