Publications PNR du CRASC

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

Publications PNR

PNR du Crasc, 2005, p. 51-79  | Texte intégral  


 

 

Nadia MESSACI

 

Du choix de l’aire d’étude

L’aire d’étude adoptée correspond à un territoire qui n’a aucune emprise spatiale dans les différents découpages administratifs opérés depuis la période coloniale et reconduits dans une large mesure par l’Algérie indépendante (tribu, douar, commune mixte de la Soummam, commune, daira).

L’assise choisie est celle d’une collectivité qui se définit comme une entité ayant un ancêtre commun. Des faits sociologiques nous autorisent à reconnaître en les Ath waghlis un des  réseaux de socialité privilégiés qui s’est notamment distingué lors de la résurgence de l’arch. Celui-ci définit ici un référent identitaire de la tradition fédérative, il est une démonstration de la résistance des structures traditionnelles que les injonctions extérieures les plus coercitives peuvent altérer mais pas détruire et met en exergue la place et le statut qui sont faits à la collectivité des Ath waghlis.

En tant que force sociale, citoyenne de  revendication, l’arch est une des expressions de la réminiscence des structures traditionnelles longtemps mises en situation de latence. Celui-ci est une des illustrations les plus parlantes de la représentation sociologique dont est porteuse la collectivité. Organisation sociale articulée autour des membres de villages qui se positionne dans les mouvements de la Kabylie en véritable structure politique, elle s’explique par le poids social réel des ces communautés qui continuent à fonctionner malgré les coups portés par des découpages administratifs successifs.

Mais le positionnement de ces « arouchs » en groupes politiques revendicateurs n’est pas la seule expression de la réelle représentation qui est  faite à la collectivité dans la gestion au quotidien des affaires de la cité. Souvent,  des situations de conflit ou de crise amènent, les habitants dans un mouvement de solidarité et de reconstitution du réflexe collectiviste, à prendre des décisions auxquelles aucun membre ne peut y déroger. Le cas le plus parlant du point de vue sociologique est sans  conteste le recours par la communauté à une liste unificatrice de biens qu’offrent la famille maritale et paternelle à la nouvelle mariée (fin des années quatre vingt). Laquelle liste élaborée par les représentants de la communauté, se veut un moyen de faciliter l’institution du mariage soumis à de fortes pressions d’ordre matériel. Cette disposition sortie d’une zaouia a longtemps bénéficié du caractère sacré de l’institution qui la rend d’autant plus respectée que crainte. Toutefois cette dernière décennie amorce l’amenuisement de cette disposition sans qu’elle annonce son annulation. 

Ce choix de l’assiette d’étude recoupe partiellement  des entités administratives correspondant à six communes. En effet, à la faveur de la mobilité de l’encadrement administratif, l’aire d’étude couve les communes de Chemini, Souk Oufella, Tinebdar, Tibane, El Flaye et Sidi Aich et des portions de deux dairas : Chemini et Sidi Aich. Celles-ci  englobent dans leurs territoires dairals des communes qui n’appartiennent   pas à la communauté  des Ath Waghlis, la commune d’Akfadou pour la première et celle de Timezrit pour la seconde.

L’aire d’étude choisie correspond donc à une entité sociologique qui a une assisse géographique confortée par la topographie qui lui assoie cette unité morphologique notamment dans ses parties est-ouest et nord.

Saisir la communauté et non un territoire administratif est plus producteur de sens en terme socio-anthropologique.

Aussi privilégions-nous cette entité au détriment des unités administratives malgré les avantages que procurent ces dernières dans la collecte des informations.

 

1.Le territoire : une communauté, six communes

Appartenant à la wilaya de Béjaia composée de 52 communes, l’aire d’étude est localisée dans la partie sud-ouest de la wilaya. Elle concentre les communes les plus petites en superficie, donc les plus concentrées en habitants. En effet, la commune de Tibane, commune rurale a une densité d’occupation de 1.102hab / km2, une telle valeur la place en troisième position après Sidi Aich (1.483hab / km2) et Béjaia (1.320hab / km2), (RGPH 1998).La première est la ville du territoire tandis que Béjaia est le chef lieu de la wilaya. De telles densités proches de celles du milieu urbain est une donne caractérielle de l’espace étudié.

La région des Ath Waghlis couve les territoires communaux de Chemini, Tibane, Tinebdar, Souk Oufella, El Flay et une partie de Sidi Aich qui englobe la zone éparse de Remilla non comprise dans l’aire étudiée. Le territoire, situé en majorité sur le versant montagneux des Ath Waghlis englobe dans son périmètre une zone de vallée essentiellement  ventilée sur les communes de Sidi Aich, El Flay, Chemini et Souk Oufella tandis que les communes de Tinebdar et Tibane sont circonscrites dans le versant montagneux. Les premières sont les plus ouvertes sur le monde extérieur. L’alignement d’une partie de leur territoire sur la vallée de la Soummam est davantage mis en valeur par l’existence de la route nationale RN n°26, de la ligne de chemin de fer  et de la proximité du port  et de l’aéroport de Béjaia.

En venant de Béjaia , la commune de Sidi Aich, est située au sud-est, elle s’avère la porte réelle du territoire dont l’accès sur les hauteurs est facilité par l’existence des deux voies pénétrantes en bon état, l’une passant par le village d’EL Flay, l’autre par celui de Tinebdar.

La commune d’El Flay prolonge celle de Sidi Aich dans la partie ouest. Celle de Souk Oufella vient appuyer celle d’El Flay dans sa partie sud-ouest. Tandis que celle de Chemini construit la limite ouest du territoire (carte n°01).

Le territoire des Ath Waghlis est cadré par  six communes que sont Tinebdar au nord-est, Sidi Aich au sud-est, El Flay et Souk Oufella au sud et Chemini à l’ouest. Tibane est la seule commune intérieure qui n’a pas une emprise directe sur l’extérieur, elle est la commune la plus enclavée que les voies pénétrantes ont réussi à désenclaver. Les communes de Tinebdar, Tibane, Souk Oufella et Chemini tracent les limites nord du territoire des Ath wagjlis.

Un territoire caractérisé par une mobilité des unités administratives

Les différents recensements qui font ressortir les unités administratives hiérarchisées que sont le  chef lieu de commune, l’agglomération secondaire et la zone éparse annoncent une mobilité induite par l’accroissement des villages et l’impératif de la distance maximale pour définir une entité ainsi hiérarchisée. 

La lecture des tableaux n°01, 02, 03, 04 reprenant la reconnaissance de chaque entité administrative selon les différents recensements 1966, 1977, 1987, 1998, traduit une certaine fluidité dans la composition des unités administratives. Celle-ci est l’effet de la création de nouvelles communes à la lumière des nouveaux découpages dont la mobilité de classement de chaque entité villageoise dans la hiérarchie administrative est corrélative.

Au lendemain de l’indépendance, le territoire couve deux communes, le découpage de 1984 lui fait gagner quatre autres

En effet, en  1966, le territoire se compose de deux chefs lieux de commune, d’un chef lieu de daïra et de 15 agglomérations secondaires. En 1977, il regroupe 12 agglomérations secondaires  et de deux chefs lieux de commune et de daïra.

A la lumière du découpage administratif de 1984, le territoire se  compose  de 06 agglomérations chefs lieux, 09 agglomérations secondaires. La diminution du nombre des agglomérations secondaires sur ces trente années est révélatrice de l’agglomération de la population saisie à travers l’accès de l’agglomération secondaire au rang de chef lieu et de zone éparses à celui de l’agglomération secondaire

Cette mobilité dans le statut des agglomérations considérées est directement induite de la croissance démographique qui agit à son tour sur la croissance du parc logements.

Sur un espace temporel relativement court, le territoire des Ath Waghlis a acquis quatre chefs lieux de commune, une daïra (Chemini). La promotion de ces centres ruraux dénote de la dynamique portée par la région repérable à travers une évolution démographique et la croissance du parc logements dont la prise en charge revient majoritairement à la population.

De ces découpages, certaines zones secondaires intègrent la couronne de l’agglomération chef lieu et perdent l’ancien caractère individualisé de l’agglomération secondaire. Ainsi, Souk Oufella, agglomération secondaire en 1966, passe chef lieu de commune en 1984. Issue de la commune de Chemini, l’agglomération chef lieu de commune est reconstituée à partir d’un ensemble de villages dont la mobilité à l’intérieur des unités administratives est démontrée à chaque nouveau découpage administratif. Tibane, El Flay, nouvelles communes issues de Sidi Aich ont connu le même processus de mobilité de leurs entités villageoises constitutives.

Cette mobilité peut engendrer la disparition de certaines agglomérations secondaires qui fusionnent avec l’agglomération chef lieu de commune. Ainsi Ait Daoud, Ikhlijen ont fusionné avec El Flay et Tinebdar pour la constitution de ces deux agglomérations chef lieux. Les agglomérations secondaires : Tiliouacadi, Boumelal, Louta, Ait Soula et Imaliouène ont connu le même processus qui les a amenées à fusionner  avec l’agglomération chef lieu Chemini en 1977. Ainsi de l’agglomération secondaire Taghrast qui a intégré la couronne de l’agglomération chef lieu de Chemini en 1987.

Ainsi de ces impératifs d’aliénation aux exigences des plans de développement normalisé naissent des agglomérations (chef lieu de commune, agglomération secondaire ou zone éparse) reconstituées à partir de plusieurs unités villageoises dont le caractère déterminant de leur regroupement  demeure la distance entre les maisons les plus éloignées.  Ainsi l’espace montagnard qui subit cette normalisation dénote-t-il de l’ambiguïté de ces plans de développement imposés à des espaces dont les spécificités territoriales appellent  la mise en place d’instruments plus appropriés.

       Tableau n° 01 : Composition des territoires communaux

commune

Agglomération

type

population

Souk Oufella

 

AS

 

Tibane

Tibane,

Mezgoug

Taourirt

AS

As

AS

676

709

720      tot :2105

Sidi Aich

Sidi Aich

ACL

1206

El Flay

 

El Flay

Ait Daoud

AS

AS

2656

771        tot : 3427

Tinebdar

Tinebdar

Ikhlidjen

Birmatou

AS

AS

AS

2773

504

1234    tot : 4511

Chemini

Tiliouacadi

Boumelal

Iyaten

Louta

Ait Soula

Imaliouène

 

As

As

AS

As

As

As

1149

799

739

706

611

596

 

                                            Source RGPH 1966  

 

        Tableau n° 02 : Composition des territoires communaux

Commune

agglomération

type

population

Souk Oufella

Takrietz

Aourir

As

As

1675

  319       tot :1994

Tibane

Tibane

Mezgoug

Taourirt

As

As

AS

  832

1129 

  658       tot :2619

Sidi Aich

Sidi Aich

ACL

ACL

5930

El Flay

El Flay

Ait Daoud

Izghad

As

As

AS

2991

  870   

  516       tot:4377

Tinebdar

Tinebdar

Birmatou

AS

As

3008

690        tot:3698

Chemini

 

Chemini

Taghrast

Semaoun

Acl

As

As

9264

729  

1954     tot:11947

                                 Source RGPH 1977

 

     Tableau n°03: Composition des territoires communaux

Commune

Agglomeration

Type

population

Souk Oufella

Souk Akdhim

Takrietz

Aourir

Zountar

Acl

As

As
As

4641

1442

447    

501           tot:7031

Tibane

Tibane

Mezgoug

Taourirt

ACL

As
As

1025

1607  

796          tot: 3428

Sidi Aich

Sidi Aich

ACL

8050

El Flay

El Flay

Izghad

ACL

As

4668

827      tot: 5495

Tinebdar

Tinebdar

Birmatou

ACL

As

4208

787       tot:4995

Chemini

Chemini

Semaoun

Tijounane

ACL

As

AS

8025

2849

2400         tot: 13274

                                         Source : RGPH 1987

 

          Tableau n° 04 : Composition des territoires communaux

Commune

Agg Chef lieu

Agg secondaire

Zone éparse

Chemini

Djenane, Imaliouène,Ait Chemini,Tihouna, Boumelal, Takarabt,Tazrouts, sidi Yahia,  Ait Soula, Tighilt, Louta, Ait Zadi, Tissira, Larabaa, Taguemount

Semaoune : Sidi hadj Hassein, Takhlidjt,Semaoune, Ilmaten

Tijounane : Djemaa taourirt,Tijounane,taghrast

Ighzer, Azib N’ait Touati, Hamiriche

Souk Oufella

Badjou, Aourir, tasga, Berkouk, Tilioucadi,taourirt, Aguemoune

Zountar

Takrietz :Azib Abalache,Azib Tabouda

 

 

Tinebdar

Tinebdar,Iguer Amar, Birmatou, Ikhlidjen, Tala Ouazrou,Irouflène, Chebirdou, tadoukant,

 

 

El flay

El Flay, El maadi, Ait Daoud, Izghad

Lieu dit: Iherkane

Hameau: Agh Maakal

Tibane

Tibane, takarabt, Taourirt, Tighilt Taouraght, Maksène, Ait Chetla, Mezgoug, Tizi Laraief, Ait Oubelaid, Ighil Idaki

 

 

Sidi Aich

Sidi Aich

 

Remila

                                             Source : RGPH 1998

L’organisation spatiale en auréoles s’articule autour des noyaux de villages  étoffés par des équipements publics. Unité structurante de l’ordre ancien, le village tend à perdre cette qualité au profit de l’unité administrative qui se substitue. L’espace de vie qu’est le souk, les lieux de dispense du savoir connaissent aussi une mutation profonde. Le souk est aujourd’hui espace de groupement des équipements liés à la grille officielle selon la place et la nomenclature du site.

Ce glissement du statut de l’endroit est amorcé par la construction de la première école qui réoriente le statut de place nodale dans la société traditionnelle. En effet, le souk est le cœur du territoire car il permet des échanges réguliers, périodiques intra et extra tribu. La concentration de six mosquées augmente les chances de bon fonctionnement de cette place.

La colonisation donne une nouvelle orientation tout en maintenant le rôle et la place de ce site par l’implantation de l’école républicaine. Le choix des sites pour l’implantation des écoles procède de cette volonté de réorienter le cadre économico-social par la désagrégation de l’ordre ancien en sapant ses principaux repères Ainsi naissent des pôles qui font glisser les anciens centres de vie vers des no man’s lands qui sont en position géographique stratégique.

Le cas de Chemini est révélateur du choix porté sur la localisation de la première commune datant de l’époque coloniale. Ainsi, d’un no man’s land naît la première commune du territoire. Le siège de la commune ainsi qu’un groupement scolaire sont localisés dans un terrain périphérique à toute aire villageoise donc soustrait à toute éventuelle mise en conflit des deux parties impliquées que sont les autorités coloniales et les habitants (Messaci, 1990). La même stratégie est reconduite des décennies plus tard (1984) par l’implantation sur le site du souk d’un siège de commune : Souk Oufellla.

 

2.Les éléments organisateurs du cadre bâti : La dorsale villageoise

Coiffés dans sa partie nord-ouest par la forêt de l’Akfadou, les villages regroupés en dorsale sont encadrés par des éléments naturels que sont : la forêt des cèdres dans la partie nord, la plaine céréalière et l’oued Soummam dans la partie sud, ils sont implantés dans un décors de site d’aspect encaissé par les nombreux ighezran (cours d’eau) qui traversent le territoire.

L’axe principal de l’habitat organisé autour des villages se situe à une altitude variant entre 400 et 800m (carte n°2). Les villages, entités distinctes, unité structurante du territoire, participent également à construire le maillage du cadre bâti des Ath Waghlis. Ils forment une dorsale longitudinale  qui suit la ligne des sources d’eau avec une ligne d’inflexion sud-est. La localisation des villages résulte de facteurs conjugués que sont la proximité des sources d’eau, l’impératif de préserver les terres de vallée, terres nourricières, la recherche d’un site ventilé (les épisodes des épidémies dont les terres de vallée sont des souvenirs encore vivaces) ainsi que la quête de la sécurité vis-à-vis des incursions si craintes car menaçantes.

Cependant le déterminisme hydrographique  a pesé d’un grand poids dans la localisation de l’axe de l’habitat et la construction de la dorsale villageoise (carte n°3).

 

3 : Une volonté réelle de désenclaver la montagne

Le territoire est quadrillé par une trame viaire  dense dont le chemin wilayal n°173 qui a préexisté à la colonisation. Ce dernier assure la liaison de la vallée avec Laaba Nath Iraten  en empruntant le col d’Akfadou. Il escalade  le versant dans sa partie longitudinale est-ouest. La création coloniale de la ville de Sidi Aich en a fait le point de départ. Depuis, quatre voies transversales, véritables pénétrantes raccordent le territoire à la route nationale RN 26 (carte n°04).

Une réelle intégration à la vallée est réalisée par les chemins transversaux situés aux limites est-ouest du territoire.

Deux de ces chemins  démarrent de la ville de Sidi Aich pour rejoindre la partie haute, l’une reprenant le chemin wilayal n°173, tandis que l’autre relie les deux grands noyaux de groupement de villages situés dans les parties est et ouest.

Deux autres pénétrantes raccordent le versant dans sa partie ouest à l’agglomération de Takrietz  en partant de l’ancien souk, la deuxième en traversant le village de Boumellal.

La trame viaire  se superpose à la dorsale villageoise, des pénétrantes transversales assurent la liaison montagne/ vallée. Elle  est aussi constituée de ce réseau  de voies qui relient les villages entre eux  et aux voies mentionnées. Ces dernières sont raccordées aux villages par des chemins souvent pris en charge par les habitants. Les voies à l’intérieur des villages sont souvent en mauvais état. Cependant, une initiative heureuse pour les habitants voit le jour ces dernières années. Dans beaucoup de villages, les sentiers sont cimentés. L’opération ne s’est pas encore généralisée, elle dénote de la mobilisation des habitants et de leurs capacités financières et de l’état du village (taille du village, nombre d’habitants résidents). La trame viaire tend à réaliser une intégration à la fois intra et extra muros. Elle constitue un des piliers de migrations journalières dont la région est aujourd’hui un grand théâtre.

 

4 : Une tendance à la tertiarisation de l’économie

Activité présente dans l’espace montagnard mais pas la seule, l’agriculture tend vers une régression au profit de la pluriactivité et le tertiaire qui se positionnent en activité dominante. La lecture du dernier recensement 1998 ainsi que les sources DPAT 2000 nous permettent de tracer le panorama économique prégnant dans la région.

Une région rurale où le secteur agricole est minoritaire, peu représenté

Traditionnellement, le territoire a une activité agricole de subsistance surtout, même si certains produits sont vendus tels l’olive, l’huile, les figues, le caroube, « La tribu passe pour avoir le premier rang dans le cercle comme importance commerciale », note le procès verbal du Sénatus-consulte, p20. Ils achètent « de l’orge et des animaux de boucherie » complète le document de la monographie de la Soummam.

Un siècle après, l’agriculture devient le parent pauvre de l’économie locale puisque celle-ci ne compte que 3,39% de l’ensemble des activités du territoire. Cependant, un premier regard du tableau n°05 classe les communes en deux groupes, l’un caractérisé par une hausse de l’activité agricole sur les 11 ans passées tandis que le deuxième connaît une baisse quelquefois importante.

Le premier groupe concerne essentiellement les deux communes :Tinebdar et Chemini qui ont connu une hausse de l’activité agricole de  1,4 sur pour la première citée, et de 1,2 pour la seconde. Augmentation effectuée sur 11 ans  contre une régression des autres secteurs économiques.

Le second groupe englobe l’ensemble des quatre communes du territoire avec tout de même des variations. Souk Oufella, Tibane et Sidi Aich enregistrent une perte du taux d’activité agricole : Une régression conséquente pour Sidi Aich et Tibane, puisqu’elle s’élève respectivement à 6,4 % et à 2,05 % sur un intervalle de 11 ans.

Le cas de Sidi Aich mérite qu’on s’y attarde : En 1987, la ville a le taux d’activité agricole le plus élevé de notre territoire. Elle présente les caractères de paradoxe qui n’en n’est pas un : elle est la ville du territoire et couve le taux le plus élevé du secteur primaire. Un résultat surprenant si on pense aux critères de classification de la  ville.

Cependant, il est tout à fait prévisible si on tient compte du fait que la commune de Sidi Aich  englobe de terres de vallée donc, les plus aptes à l’agriculture. Aujourd’hui le secteur primaire place celle-ci dans la moyenne du territoire, alors qu’elle s’en détache en 1987 avec un taux de 9,7 sur une moyenne de 4,8.

L’existence de terres de vallée dans son territoire ne suffit pas à expliquer la hausse dans l’activité agricole puisqu’elle recèle de petites surfaces agricoles utiles du territoire (tableau n°06) il s’agirait plutôt d’une exploitation agricole optimale. La commune la plus pourvue en surface agricole utile 2.132 ha  est celle  de Chemini.  Son taux d’activité agricole connaît une hausse appréciable : de 2,8% en  1987, il passe à 3,6 en 1998  et s’approche de la  moyenne régionale: 3,39 %. Ce gain est sans doute dû au regain du travail de la terre dans la vallée.  Ce sont également les deux seules communes qui ont connu un mouvement positif dans le secteur secondaire.

La surface destinée à l’agriculture par actif connaît des disparités importantes : 4,9 ha / actif à Sidi Aich, 35 ha / actif à Tibane ; l’écart est grand mais il traduit la valeur agricole portée par les terres du périmètre communal qui sont concernées par l’agriculture intensive dans la vallée tandis que les terres hautes sont plus orientées vers une agriculture extensive (tableau n°07). 

Une corrélation existe entre les surfaces agricoles utiles par actif agricole et la situation topographique de celles-ci. Plus on va dans les hauteurs, plus est grande la valeur. Relation tout a fait prévisible au regard de la cadence du type d’utilisation des terres agricoles qui est induite par la valeur de celle-ci. La commune Tibane porte la valeur la plus élevée, c’est aussi la commune qui ne dispose pas de terres de vallée.

Le rapport surfaces agricoles utiles (SAU et pacage et parcours) sur la surface totale de la commune donne des renseignements qui corroborent les résultats ci-dessus énumérés. Le pourcentage est de 95 % pour les communes hautes : Tinebdar et Tibane. Ce pourcentage explique aussi la densité de peuplement si élevée de la seconde. Il est le plus bas dans celle de Sidi Aich.

La commune d’El Flay consacre 92% de son périmètre aux terres agricoles, elle est aussi avec Sidi Aich la commune de vallée.  Celle de Chemini se trouve dans la moyenne avec 70% (tableau n°07).

   Tableau n° 05 : Répartition des activités économiques sur onze ans

Commune

Agriculture

Industrie

Tertiaire

 

1987 %

1998%

1987 %

1998

1987 %

1998

Tinebdar

3,5

4 ,92

32,2

25,84

64,2

69,23

Chemini

2,8

3,6

35,2

27,01

61,9

69,36

Souk Oufella

3,7

2,9

37,7

25,23

58,5

71,82

Tibane

3,8

1,75

31,1

26,06

65,1

72,17

El Flay

3,5

3,58

37,7

28,21

58,7

68,19

Sidi Aich

9,7

3,38

22,2

16,4

68,0

80,21

Total

4,8

3,39

32,5 

23,84

62,7

72,75                        

Sources RGPH 1987, 1998, Messaci 1990

Une relation de causalité  entre les terres de vallée et la hausse du taux du secteur primaire se dessine timidement. A  l’exception de la commune de  Souk Oufella qui a une SAU équivalente à celle de Tinebdar mais qui n’en connaît pas moins une régression dans le secteur agricole. Le taux d’activité du premier secteur reste tout de même faible au regard du caractère rural de la région. Mais une fois de plus,  preuve est faite que rural n’est pas équivalent à agricole.

 Tableau n°06 : La part de la surface agricole utile dans le territoire

Commune

SAU en ha

Pacage et parcours

Total = superficie de la wilaya

Tinebdar

1.381

200

1.661

Chemini

2.132

616

3.904

Souk Oufella

1.012

200

1.382

Tibane

500

15

540

Sidi Aich

361

10

770

El Flay

803

65

948

                                                                     Sources DPAT Béjaia 2000

 

Tableau n°07  Répartition des terres agricoles sur un agriculteur

Commune

Le nombre d’Hectares par agriculteur

Surface agricole sur l’ensemble des terres

Tinebdar

34ha/actif

95%

Chemini

32ha/actif

70%

Souk Oufella

27 ha/actif

87%

Tibane

35 ha/actif

95%

Sidi Aich

4,9 ha/actif

48%

El Flay

18,6 ha/actif

92%

                                                                    Source DPAT 2000

Une reconduction de l’ancien profil économique

La lecture du tableau n°05 nous apprend que toutes les communes du territoire ont connu une diminution du taux d’activité secondaire. Ainsi la moyenne de la région s’en ressent puisqu’elle passe de  32,5 en 1987 à 23,8 en 1998.

Le tertiaire connaît une hausse considérable et atteint 80,21 pour la commune de  Sidi Aich. Il progresse de 62,7%  à 72,75%, c'est-à-dire que les trois quarts de la population occupée sont employés dans le tertiaire, ce qui est considérable au vu du caractère rural de la région (tableau n°05).

Les deux secteurs secondaire et tertiaire dominent largement l’activité économique de la région, ils phagocytent 96,59% de l’ensemble de l’activité économique. Ils participent grandement à lui dessiner une trame à l’urbaine même si les trois quarts du territoire sont situés en zone montagneuse. Cependant, cette configuration est stable puisque le procès verbal du Sénatus-Consulte et la commune mixte de la Soummam  s’accordent pour définir la  région comme l’une des plus industrieuses de la Kabylie.

L’artisanat à travers les activités de sparterie, de la poterie (Tinebdar), du tissage (Berkouk) est une activité dominante dans le passé. Un siècle après, le profil économique est maintenu, il faut dire aussi que la région n’a pas bénéficié de programmes spéciaux en mesure de réorienter son économie.

La scolarisation ancienne de la population des Ath Waghlis a pesé dans l’intégration de celle-ci dans des secteurs d’activités variées notamment dans le tertiaire. On peut avancer que l’essentiel des métiers emploie les Kabyles. Tendance maintenue des décennies plus tard, en 1977 les populations actives des communes de Sidi Aich et Chemini englobent respectivement des taux de 31,9 % et de 27,1 % dans les professions qualifiées. Ce qui veut dire que plus du quart de la population active a un niveau de formation professionnelle élevé (Fontaine, 1986).

Au regard du nombre de plus en plus croissant des petites unités de production qui voient le jour, nous sommes autorisés à parler d’une orientation économique plus prononcée vers le secteur secondaire. Ainsi, la tendance aujourd’hui est-elle à l’investissement dans la petite production. Tendance traduite par l’alignement de celle-ci sur l’axe de la vallée.

Cette dernière bénéficie de la présence de la zone industrielle d‘Akbou (Taharacht) où sont implantées les deux usines de laiterie (Djurdjura, Soummam) qui jouissent d’un rayonnement national.  L’alignement sur la route nationale n° 26  participe non seulement à désenclaver la région, mais met la zone industrielle sur une voie stratégique doublée d’une voie de chemin de fer, d’un port et d’un aéroport international (Béjaia).

L’exemple de l’alignement de l’agglomération de Takrietz sur la route nationale n °26 est révélateur à plus d’un titre de cette réorientation. Cet axe est dominé par des activités de services aussi variés que diversifiés. Il propose des services de consommation qui s’adressent aussi bien aux passants qu’aux habitants de Takrietz et de ses environs.

L’agglomération de Takrietz illustre le mieux ce phénomène de réorientation économique sur fonds de potentialités  de la région. Celle-ci est essentiellement matérialisée par le glissement de la montagne vers la vallée où une reformulation du rapport historique montagne vallée est en pleine recomposition. La fondation de cette agglomération est liée à la conquête de la route nationale ; laquelle conquête est indissociable de la nouvelle orientation économique spatialement marquée par l’émergence d’une trame économique articulée autour des unités de production et des activités de service  (Messaci 2003).

La conquête de la route nationale

La zone industrielle et d’activité en construction dans la vallée s’étale sur un axe qui relie les agglomérations Ighzer Amokrane-Takarietz et Sidi aich. Cette dernière est à l‘origine un gîte d’étape construit pour les besoins de la colonisation. Par contre Takrietz a une histoire plus récente ainsi qu’Ighzer Amokrane qui appartient à la tribu limitrophe à celles des Ath Waghlis. D’azib (ancienne ferme habitée pendant les travaux agricoles), Takrietz devient un chef lieu de commune, son histoire se confond avec celles des tous ces noyaux situés à proximité d’une voie de communication.

L’option agroalimentaire, retenue dans les orientations de développement de la région, se manifeste dans la répartition des activités. Ainsi sur un total de 70 activités projetées sur l’axe de la route nationale n°26, l’alimentaire concentre 64 unités. Ce qui correspond à 86% des destinations des activités projetées dans la zone d’activité.

Cependant, les marqueurs qui annoncent une réorientation vers les services et l’industrie sont déjà perceptibles des décennies plus tôt avec le mouvement de descente de la population amorcé pendant la guerre de libération, essentiellement motivé par des impératifs sécuritaires. La vallée de la Soummam  dont une portion appartient au territoire des Ath Waghlis offre de réelles possibilités de développement. En témoignent ces unités de production d’envergure nationale (laiterie du Djurdjura (380 employés) et de la Soummam, Ifri boissons gazeuses et eaux minérales : 88 employés). La construction d’une trame économique sur la vallée est en voie et annonce un certain glissement vers la vallée motivé par l’installation des unités économiques que certains promoteurs de la région commencent à réaliser (cas des trois unités ci citées). Cependant, les retombées de cet axe économique  sur la partie haute de la commune peuvent être positives, elles sont porteuses de sources de richesse exploitables pour  une meilleure maîtrise de l’urbanisation de la montagne.

L’assise de ces zones d’activités et industrielles marque l’espace de la vallée et construit une place non négligeable dans le paysage économique régional.

Ainsi sur un total de 1477 lots affectés à la zone d’activités de la wilaya de Béjaia, le tronçon Sidi Aich-Ighzer Amokrane couve  209 lots. Ce qui représente 14% de l’ensemble de la wilaya, tandis qu’il est de l’ordre de 4% pour la zone industrielle (source D.PA.T 1998).  L’occupation au sol représente 42,25ha sur un total de 202,98 ha, ce qui équivaut à 20,81% de la surface totale réservée à la zone industrielle dans la wilaya. Chiffres assez surprenants au regard de la récente implantation des zones d’activité économiques dans la vallée. D’où l’affirmation de Fontaine (1983) quant à l’émergence d’un réseau urbain dans la montagne kabyle.

L’existence de quatre voies de pénétration (carte n°04) dans la montagne est un atout non négligeable dans la mesure où l’accessibilité est plus fluide et  participe grandement à désenclaver la montagne. L’ouverture de l’espace montagnard sur le monde extérieur offre la possibilité de promouvoir des petites unités de production dans les villages qui peuvent leur assurer une certaine autonomie (matériaux de construction, produits agricoles, commerces d’appuis, infrastructures d’enseignement  et formation professionnelle et de santé publique…). Ainsi de Tiliouacadi, village sur le versant, à tradition commerciale ancienne, qui demeure avec Takrietz un des  principaux  centres pourvoyeurs d’emplois pour la commune de rattachement (Souk Oufella).

Une trame économique fondée sur le commerce et la production

Ces deux dernières décennies ont vu naître un certain nombre de petites unités de production qui se sont développées dans la commune de Souk Oufella essentiellement concentrées dans l’agglomération de Takrietz (vallée de le Soummam). Cette émergence spontanée fait suite au désengagement de l’état et à l’émergence d’un cadre législatif qui permet la création de ces entreprises. Takrietz s’impose aujourd’hui comme un des foyers économiques les plus dynamiques de toute la commune et rivalise avec l’agglomération de Tiliouacadi qui  jouit d’une tradition commerciale, bien plus ancienne. En effet, les deux localités disposent de 93,32 % des activités économiques de la commune de Souk Oufella dont 66,66 % sont localisées à Takrietz. L’agglomération de Tiliouacadi, située sur les hauteurs, concentre 26,66% de l’ensemble des unités de production. Les deux agglomérations couvent 77,36% des emplois crées dans la commune. Les unités de production implantées à Takrietz dénotent d’une variété de produits et semblent se départir des activités traditionnelles tels les produits agricoles locaux (figues sèches traitées, sparterie). Une référence tout de même : Les quatre huileries de la commune sont implantées à Takrietz et Tiliouacadi. Des unités de production sont également présentes et visent des horizons diversifiés (confection de vêtements, limonaderie, sac de farine) avec une large concentration de l’agroalimentaire (tableau n°08). Le secteur du bâtiment seconde celui de l’agro-alimentaire (Tableau n°09).

La structure économique consacre désormais une orientation de plus en plus articulée autour des services, dans laquelle la production a une part de plus en plus importante. 

La   nomenclature des unités de production de l’agglomération de Takrietz traduit une diversité, certes de la production d’une part et l’orientation économique de l’agglomération d’autre part.

Certes, les unités de production sont de petites tailles, l’ensemble de ces unités offre 52 Emplois dont la plus importante unité offre à peine 12 emplois. La ventilation sur dix produits dénote de la volonté de canaliser la demande de consommation largement exprimée et l’existence d’un marché de production nationale à peine émergeant (tableau n°10).

Ces petites unités n’en demeurent pas moins porteuses d’une voie qui est appelée à s’étoffer au regard de la situation sur la route nationale n° 26 et à proximité de la ligne de chemin de fer, du port et d’un aéroport international, et de l’option de l’économie de marché de plus en plus cadrée par des dispositions juridiques favorables.

L’artisanat, activité caractéristique de l’espace montagnard, est majoritairement représenté dans les deux villages (Tiliouacadi 21, Takrietz 15).

Sur les 51 artisans activant dans cette commune, 36 appartiennent à ces deux localités, ce qui donne un volume de 70,5%, contre  41,1 dans la seule agglomération de Takrietz, c’est dire toute  l’importance de celle-ci dans le territoire communal (PDAU 1997). Cet état des lieux est largement conforté par les deux enquêtes de terrain que nous avons entreprises en 1989 et 2002 (tableau n° 09). Elles donnent 63 commerces et artisans pour le premier comptage. Le dernier relevé conforte cette dominante avec une orientation de plus en plus accentuée des activités de services qui ciblent les voyageurs de passage. La trame économique de la vallée s’appuie sur l’agroalimentaire, étayée par le textile, maroquinerie et l’emballage. Ce tableau n’inclut pas les petites unités dont celles de Takrietz, articulées autour des activités de service, qui participent aussi à étoffer la trame.

Ce tronçon compte aujourd’hui 42 locaux dont les activités se ventilent entre différents secteurs. Le comptage de différents activités alignées sur la RN 26 reliant Sidi Aich à takrietz nous permet de saisir l’importance qu’acquiert ces dernières années cet axe et sa conquête par des activités commerciales (enquête 2002). 

L’implantation sur un axe de cette importance justifie la typologie des activités alignées qui a un double rayonnement, local et régional.  La typologie ainsi reconstruite met en exergue la prégnance des services de passage. Cet axe combine les activités et les offres de service avec une tendance à la construction du système de corporation où nous voyons regroupées des activités de même type (vente de matériaux de construction, bar restaurant), voir tableau n°10.

Cependant, nous constatons ces deux dernières années une prédominance de Takrietz sur Tiliouacadi, ainsi celle-ci concentre 75% de l’ensemble de l’emploi de la commune  dont 65% de l’activité artisanale (APC 2002).

L’activité économique étant répartie sur 15 unités de fabrication diverse ; c’est dire l’importance qu’acquiert Takerietz dans le paysage communal dont elle constitue certes la façade. Une annexe de L’APC, un bureau de poste, une brigade de police communale, une école primaire de 20 classes, un CEM, une salle de soins, une mosquée, une voûte communale qui abrite les activités sportives, sont les équipements intégrés dans l’agglomération de Takrietz.

              Tableau n° 08 : Les principales unités de production de la vallée

Unité

Secteur d’activité

Soummam emballage

Industrie plastique

Sarl Ifri

Agro alimentaire

Sarl Nomade

« « « « « « « « « «

Sarl « Star »

« « « « « « « « « «

Eriad Sidi Aich

« « « « « « « « « «

Epe/ Sonaric

Equipements

Alcovel algérienne des cotonnades et velours

Textile

Mac Soummam

Maroquinerie

Alfaditex

Textile

Sarl laiterie « Djurdjura », « Danone »

Agro alimentaire

Vallée viande Sarl

« « « « « « « « 

Sarl CK Fleisch

« « « « « « « « 

Sarl laiterie « Soummam »

« « « « « « « « 

Général emballage Sarl

divers

                         Source DPAT 2003

 

           Tableau n°09 : les activités et commerces sur le tronçon Takrietz

Activité

Nombre de locaux

Tôlier

2

Lavage et vente des pièces de rechange

2

Bar restaurant

4

Boulangerie

2

Bureau de comptabilité

1

Alimentation générale

2

Dépôt de boissons alcoolisées et non

2

Soudeur

1

Café restaurant

1

Atelier de confection de vêtements

1

Moulin d’aliments de bétail

1

Huilerie moderne

1

Unité de fabrication des matériaux de construction

2

Limonaderie

1

Grossiste en alimentation générale

2

Grossiste en aliments de bétail

1

Alimentation générale et meuble

1

Atelier de mécanique auto

4

Vente de matériaux de construction

6

Unité de fabrication de sacs pour farine

1

Vente de bois et dérivés

1

Atelier de menuiserie

1

Unité de fabrication de marbre

1

Unité de fabrication de mousse pour matelas

1

                                          Source : enquête de terrain 2002*

                       Tableau n°10 : Unités de production à Takrietz 

Activité

Nombre d’emplois

Fabrication de chaussures

01

Transformation de plastiques

06

Fabrication de shampoings

01

Chocolaterie, crème à glace

06

Produits laitiers

12

Fabrication de produits d’entretien

02

Fabrication de fermeture à glissière

06

Métallerie/aluminium

08

Fabrication de cornets à glace

06

Confection de vêtements

04

total

52

                                                               Source PDAU 1997

5 : Les mouvements migratoires : un territoire qui tend vers l’équilibre

La région des ath waghlis est largement impliquée dans le processus migratoire qui ancre ses racines dans un passé lointain. Cependant, il n’a pris une forme organisée et structurée qu’au lendemain de la première guerre mondiale. La Métropole en est la destination principale. Dans ce cyclone humain vers la métropole, les Kabyles représentent  une forte proportion  estimée à plus de 15.000 personnes par an (Benamrane, 1983). Les départs hors territoire sont  tout aussi importants. Vers 1930, ils sont estimés à 15.000 personnes de la commune mixte de la Soummam (zone de rattachement du territoire) qui rejoignent la Mitidja au moment des moissons et de vidanges «soit plus d’un adulte sur trois » (Fontaine, 1986, p765).

Dans les années cinquante, les émigrés des Ath Waghlis représentent 63 % de la population active masculine, ce qui donne deux adultes en âge de travailler sur trois, ils sont l’équivalent de 15,7% de la population totale. C’est dire combien les départs pèsent lourd dans la balance démographique. Mais c’est aussi grâce au départ d’une partie de la population active que la région a pu assurer sa survie.

La guerre d’indépendance accentue le processus de départ  du fait aussi de la destruction de nombreux villages. Ainsi de 10 à 12.000 personnes ont quitté le territoire des Ath Waghlis pour s’installer à Alger, Béjaia et Sidi Aich. Et ce Jusqu’à la fin des années soixante dix, «  il est probable que plus de la moitie des actifs de Chemini et de Sidi Aich travaillent à l’extérieur de leurs communes » (Fontaine 1986, p766). 

Une telle proportion semble stable jusqu’à la promulgation de la loi de 1973 interdisant les départs vers la France. A ces départs vers la France, s’ajoutent ceux opérés à l’intérieur du pays. Face à la crise que traverse le pays et aux dispositions coercitives de départ à l’étranger émanant des deux rives, les migrations internes s’avèrent une solution incontournable. Ce retournement est également motivé par la tendance à l’investissement local qui construit un pôle économique certes timide mais émergent.

Des soldes migratoires inégaux

La lecture du tableau n°11 nous apprend que 1381 personnes ont connu un mouvement interne au territoire. Les communes qui ont  des soldes négatifs en ordre décroissant sont : Cheminin ; Sidi Aich, Tibane, El Flay, Tinebdar et Souk Oufella, elles représentent respectivement 34,5 %, 25,6 %,  1 1,5 %, 10,6 % et 7,9 %.

 Chemini est donc la commune qui a le plus grand solde négatif contre Souk Oufella qui a le plus petit.  Cette dernière est également celle qui a le plus grand solde positif avec 433 personnes qui se sont installées dans la commune. Les cinq autres communes qui reçoivent en nombre décroissant sont Sidi Aich, El Flay, Chemini, Tibane et Tinebdar.

Souk Oufella reçoit quatre fois plus qu’elle n’en envoie. La localisation d’une partie de son territoire communal dans la vallée en fait un centre attractif alors que les communes les plus enclavées (Tinebdar et Tibane) sont celles qui ont un solde positif bas.

Une lecture plus fine consacrée de chaque commune nous apprend que les habitants de la commune de Tinebdar ont pour destination privilégiée : la commune de Sidi Aich qui absorbe 69% de l’ensemble de la population migrante. C’est cette même commune de Sidi Aich qui envoie le plus grand nombre à Tinebdar. Les deux communes entretiennent des rapports privilégiés.

La commune de Chemini envoie 289 personnes, ce qui représente 60,58% de son solde migratoire négatif dans celle  de Souk oufella et reçoit le plus grand nombre de la ville de Sidi Aich, 64 personnes c’est à dire 37,86 % de son solde positif.

La commune de Souk Oufella envoie peu, la commune de Chemini est celle qui accueille le plus grand nombre de cette commune, équivalent à 52,7 % de son solde  C’est de cette même commune qu’elle reçoit le plus grand nombre correspondant à 66,7 % de l’ensemble du solde positif. Les deux  Communes développent des rapports d’échange privilégiés.

La commune de Tibane expédie le plus important contingent dans la commune de Sidi Aich : 39,3% et reçoit 35,7 % de cette même commune. Les deux communes ont un rapport d’échange caractérisé par un équilibre. La commune de Sidi Aich envoie de façon équilibrée à l’ensemble des cinq communes mais reçoit essentiellement de la commune de Tinebdar. Celle-ci lui fournit 630,5 % de son solde positif. La commune d’El Flay entretient avec celle de Sidi Aich un rapport migratoire équilibré. Ainsi, elle  expédie 46,2 % et reçoit 42,6 % de son solde positif. Les communes de Chemini- Souk Oufella, Sidi Aich-Tinebdar, El Flay-Sidi Aich, organisées en binôme développent des rapports d’échange privilégiés qui reproduisent la répartition spatiale et les rapports sociaux privilégiés des groupes villageois.  Le premier groupe se partage l’ouest du territoire, le second le coté est tandis que le troisième est au centre, il est également la porte principale du territoire.

Tableau n°11: Les mouvements à l’intérieur du territoire

commune

tinebdar

Chemini

Souk oufella

Tibane

Sidi Aich

El Flay

Total

Taux%

tinebdar

0

23

-

-

100

20

143

10,35

Chemini

12

0

289

47

93

36

477

34,5

Souk Oufella

-

58

0

24

7

21

110

7,9

Tibane

17

13

25

0

59

36

150

11,5

Sidi Aich

61

64

90

55

0

84

354

25,6

El Flay

11

11

29

28

68

0

147

10,6

Total

101

169

433

154

327

197

1381

100

Sources RGPH1987, RGPh1998

Ce tableau donne le nombre de personnes qui ont changé de résidence mais sont restées dans le territoire des Ath Waghlis. Il retrace les mouvements internes à l’intérieur des six communes du territoire. La ligne horizontale nous renseigne sur la population que la commune  a envoyée dans les cinq autres, tandis que la lecture verticale informe sur le nombre de personnes que la commune a reçu des autres communes du territoire.

Une situation d’équilibre

Chemini est la commune qui envoie le plus grand nombre de personnes dans le territoire des Ath Waghlis et dans la wilaya. Une constante est saisissable, les communes qui ont un solde négatif le plus bas dans le territoire des Ath Waghlis sont les mêmes qui présentent cette caractéristique à l’échelle de la wilaya. Ainsi,  El Flay, Tibane, Souk Oufella couvent un solde négatif parmi les plus bas. Une corrélation se dégage : solde négatif / zones d’envoi. Les communes qui expédient leurs forces vives les destinent aussi bien à l’intérieur du territoire des Ath Waghlis que dans la wilaya de rattachement.      

Le territoire arrive à garder 38,7% de sa population migrante, puisque celle-ci se meut dans l’espace territorial des Ath Waghlis. Plus du tiers de la population mobile reste sur place. Ce qui implique une réelle dynamique (tableau n° 12).

Cependant, la mobilité intra muros est beaucoup plus importante que ne le montrent les données du tableau. Ces chiffres ne concernent que les personnes qui ont changé de résidence et n’incluent pas les migrations pendulaires. Or la proximité de villages est plus en faveur des migrations pendulaires : Le territoire ne dispose pas de programme étatique de logements (exception de la ville de Sidi Aich). A cela s’ajoute une contrainte d’ordre social : En effet, les habitants des Ath waghlis sont fortement attachés à leur village et les changements de résidence restent assez rares et concernent presque exclusivement les cadres qui bénéficient d’un logement de fonction. Le cas des deux communes limitrophes que sont Chemini et Souk Oufella est particulièrement parlant. Certes la relation d’échange qu’elles développent est importante mais elle demeure bien peu représentative de la réalité. Celle-ci  est  plus concernée par les migrations pendulaires au regard de la proximité géographique, sociologique et de la communauté des intérêts, relation que ne renvoient pas les recensements plus concernés par le changement de résidence.

La non disponibilité d’un parc de logements conséquent est à la fois la cause et la conséquence de cet état relevé. La difficulté de comptabiliser les migrations pendulaires est tout à fait regrettable. Elles demeurent les véritables indicateurs économiques et des tendances d’évolution dont les amorces sont aujourd’hui saisissables à l’observation.

Le taux de chômage excessivement élevé : 43% dans le territoire des Ath Waghlis nous impose une autre lecture : la région semble aussi garder sa population plus par chômage que par des potentialités d’emploi. La tendance à la fixation est aussi largement motivée par la saturation du marché national de l’emploi  que par des opportunités locales d’emplois. Les taux élevés de chômage dans la région ont sans doute pesé, ils sont de 35% à Sidi Aich, 38% à El Flay, 39 % à Tinebdar, 50 % à Chemini, 55 % à Souk Oufella et 42 % à Tibane (DPAT2000).  De tels taux ne peuvent  qu’induire un cortège de conséquences sur divers chapitres.

L’aire d’accueil est extra-régionale

Un deuxième élément de lecture est assez révélateur du choix des zones de migration. Les personnes qui quittent le territoire des Ath Waghlis vont plus facilement dans les autres wilayas du pays qu’ils ne se fixent dans la wilaya de rattachement. Ils sont 35,1% à changer de wilaya de résidence. Celle de Béjaia arrive tout de même à capter le quart : 26,1%. Il est à rappeler que pendant longtemps , la ville de Béjaia a le dos tourné à son arrière pays et recrute des autres aires plus éloignées, tandis que sa région se dirige plus souvent vers Alger et Sétif (Fontaine, 1983). La tendance actuelle semble être à l’inversion.

        Le tableau n°12 : Les mouvements de la population dans le territoire national

commune

Ont changé de résidence mais sont restés dans le territoire des Ath Waghlis

Partis du territoire, résident dans la wilaya

Partis du territoire résident hors de la wilaya de Béjaia

Tinebdar

143

214

129

Chemini

477

335

156

Souk Oufella

110

87

219

Tibane

150

80

54

Sidi Aich

354

139

608

El Flay

147

79

87

   Total

1381

1013

3568

   Taux %

38,7%

26,1%

35,1%

Source : RGPH1987, RGPH1998

Le tableau n° 12 : récapitule l’état des mouvements de la population des Ath Waghlis. Les mouvements migratoires ciblent de façon relativement équilibrée le territoire des Ath Waghlis, la wilaya de Béjaia et les autres wilayas avec une part plus élevée pour la région qui développe une dynamique économique  aujourd’hui capable de capter 38,7 % de sa population migrante.

6: La maison : De la densification du tissu villageois à son éclatement

La maison des Ath Waghlis dans son aspect évolutif offre à notre sens le niveau le plus intéressant  à travers lequel nous pouvons mieux saisir l’impact de la mobilité.  La structuration du mouvement migratoire connaît des étapes qui définissent le statut de chacune d’entre elles. Ainsi Sayad (1999) parle de trois âges de l’émigration auquel nous opposons trois âges de la maison tant la corrélation émigration-espace est forte et spatialement stratifiable (Messaci 1990).

Le répertoire des typologies des maisons traduit un itinéraire indissociable de l’histoire migratoire de la région. Celle-ci définit un élargissement de l’éventail des références architecturales qui s’inscrivent dans des aires culturelles étrangères à la région. De celle-ci naissent deux nouvelles maisons qui rompent de façon formelle avec la maison traditionnelle (2° et 3° âges). Ces deux modèles tranchent avec l’ancienne par le site d’implantation et annoncent  une nouvelle organisation spatiale de la région.

La maison du troisième âge engendre l’éclatement de la trame villageoise et la construction de la conurbation largement entamée par des groupes de villages et s’inscrit également dans le glissement de la montagne vers la vallée. La conquête de la voie de communication est essentiellement l’œuvre des maisons individuelles avant de définir une règle organisatrice fondatrice du cadre bâti.

Le territoire a produit la maison traditionnelle qui articule les données mises en jeu, elle est le produit de l’architecture dite vernaculaire dans laquelle les caractères environnementaux sont harmonieusement conjugués. Ainsi l’enveloppe architecturale  articule  le mieux les acteurs agissants.

Ainsi l’orientation de la maison est déduite de la topographie du site. L’étagement de l’espace intérieur reconduit celui du site. La partie basse est située dans le sens descendant de la pente. L’utilisation de matériaux locaux (pierres, tuiles, bouse de vache pour le revêtement des murs intérieurs et des sols) matérialise la relation que l’homme définit avec son environnement, une relation d’harmonie essentiellement.

L’espace intérieur composé d’une seule enveloppe est structuré selon les besoins des acteurs usagers. Ainsi tiyeryerth est l'espace par excellence des humains tandis qu'adaynin est principalement réservé aux animaux, Takhena étant le grenier de la famille et sert aussi de chambre à coucher (fig n° 1).

 

 

 

       Fig n° 2 : Intérieur d’une maison 1° âge, Tissira

 

     

Fig n°03 : Vue d’une maison traditionnelle, Tissira 2003

Le site d’implantation de la maison s’inscrit dans la logique d’occupation de l’espace villageois articulé autour de la parenté, les quartiers agnatiques étant l’unité de base. Les espaces libres à l’intérieur  de ces unités préfigurent de l’extension du quartier par une opération de remplissage.

Ainsi dans le village traditionnel, la maison traduit toujours l’appartenance à la grande famille et annonce la distribution spatiale du système parental.

La maison traditionnelle s’annonce également unité familiale, unité économique et unité de mesure de l’occupation spatiale du tissu villageois (Messaci, 1990)

La maison du deuxième âge n’a pas désorganisé cette  structuration, elle l’a même étoffée du fait de son implantation dans le quartier agnatique. Cependant elle  amorce le processus de l’interférence des injonctions extérieures sur le cadre bâti. Réalisée en pleine effervescence migratoire, elle porte les marques des références étrangères qui se manifestent dans l'apparition de nouveaux matériaux de construction, désormais importés, d'une nouvelle organisation architecturale et d'une nouvelle technique de construction. Cette nouvelle sphère architecturale a connu deux phases : la phase primaire et la phase élaborée. Mais l’élément le plus caractéristique de ce  type demeure le site de localisation

Implantée en plein quartier familial, elle marque les liens ombilicaux, toujours prégnants, avec la structure familiale traditionnelle. La phase primaire est plus une extension de la maison traditionnelle, elle est construite dans la cour, avec des nouveaux matériaux importés (parpaings, barres de fer, verre) et appelle à l'autonomie d'une fonction : dormir. Distincte de la maison traditionnelle par son enveloppe architecturale, par ce caractère monofonctionnel, elle ne se fond dans la maison traditionnelle que par la proximité du terrain, elle est plus l’expression du besoin d’autonomie de la fonction dormir. Elle sert aussi occasionnellement la famille en demande de nucléarisation.

La maison de la phase élaborée est annonciatrice d'aisance et de réussite de l'émigré. Maison à deux niveaux dont l’accès se fait par des escaliers extérieurs, elle est située dans le quartier agnatique, pourvue d'un balcon, de meubles "modernes", d'un espace intérieur cloisonné et spécialisé (fig n°04, 05, 06).

Ainsi à Tiyeryerth, espace plurifonctionnel s'opposent l'espace de la cuisine, de la chambre à coucher, du séjour, tels sont les signes caractériels de la maison du deuxième âge dans sa phase élaborée. Celle-ci semble répondre plus à la nécessité nouvellement acquise, de spécialiser les fonctions de l'habiter regroupées dans la Tiyeryerth  de la maison traditionnelle qu'à celle de marquer son individualité par rapport au groupe familial.

 

 

 

 

 

Fig n° 05: Relevé d’une maison 2ème âge, 1er étage

 

 

             

                   Fig n°06 : Vue d’une maison du 2° âge, Tissirira

 

La maison du troisième âge enclenche le processus de l’éclatement de la trame villageoise. Elle se distingue des deux premières par le site d’implantation. Sa situation en dehors du tissu villageois est caractérielle de cette maison.  Elle investit autant la voie de communication que les champs. La localisation dans des champs, préservés pour l’agriculture de subsistance, participe à la phagocytose de ces espaces autrefois viviers. Cependant, l’alignement sur une voie de communication est plus convoité et s’avère l’axe dynamisant de la nouvelle construction. Elle induit la conquête de la voie de communication que le village traditionnel a su contourner.

Reprenant le modèle urbain uniformisé sur l'ensemble du territoire national, la maison du troisième âge s'articule autour d'un couloir et a un caractère apparent d’ouverture sur l'extérieur. Longtemps soustraite aux regards indiscrets, la maison d'aujourd'hui s'offre à l'œil du visiteur et semble recouvrir un droit longtemps occulté : celui de paraître (fig n°7, n°8, n°9)

Elle est également l'aboutissement du processus d'atomisation de la famille agnatique amorcé à la suite des premiers mouvements migratoires. Celui-ci est entretenu par les différents facteurs de développement inscrits et induits par les perspectives nationales d'une façon générale et locale de façon particulière. La localisation de la maison du 3ème âge en dehors de la structure spatiale villageoise traditionnelle participe à l'éclatement de celle-ci et à la phagocytose des espaces extérieurs, clé de voûte du système de l’auto subsistance familiale.

Elle est un des éléments structurants du glissement du cadre bâti de la montagne vers la vallée. La maison se reconnaît à son volume architectural important et imposant. Réalisée avec de nouveaux matériaux (parpaings, briques, siporex..), elle est généralement construite sur deux ou trois niveaux, le rez de chaussée est destiné à une fonction commerciale ou artisanale.

L'organisation de l'espace intérieur compartimenté, spécialisé est plus le résultat d'une composition géométrique articulée autour d'un espace nouveau : le couloir, qui participe à une distribution qui se voudrait rationnelle de l'espace intérieur.

La maison du troisième âge réalise une conciliation des fonctions de l’habitat avec celle liée à l’activité professionnelle. Une réconciliation avec la maison traditionnelle qui réalise une intégration de l’économie dans l’habitat par l’émergence de la mixité fonctionnelle aujourd’hui érigée en règle.

 

          Fig n° 07: relevé d’une maison 3° âge, appartement, Tissirira

 

 

                             Fig n°08 : Vue d’une maison du 3° âge

 

                                             Fig n°09 : vue d’une maison 3° âge

Conclusion

Le territoire des Ath Waghlis rame aujourd’hui entre mutations et permanences. Les fortes densités portées par le territoire sont sans doute l’élément constant reconduit dans le temps. La population croît de façon stable malgré les fortes saignées démographiques induites par les mouvements migratoires si prégnants dans la région, exception faite de la période de la guerre de libération. Une production du cadre bâti dont l’importance se saisit à travers la phagocytose des champs, la conurbation de villages, autrefois unités structurantes et distinctives, en est le corollaire en même temps qu’elle est annonciatrice de mutations à travers l’émergence de nouvelles règles organisatrices du cadre  bâti et de la maison du 3° âge, de type urbain.

Les changements introduits dans le panorama économique de la région traduisent une réorientation de l’économie désormais axée sur le tertiaire étayé par le secondaire à travers la construction d’une trame économique dans la vallée.  Celle-ci amorce le déplacement du centre de gravité de la montagne vers la vallée et met la partie haute et la partie basse dans une aventure spatiale qui ne fait que commencer.


Notes

* Architecte-urbaniste, Université Mentouri – Constantine, Chercheur associée au CRASC

* L’enquête a été menée  avec la collaboration de F.Meksaoui enquêtrice PNR « espace montagnard : mutations et permanence »