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Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle

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PNR du Crasc, 2005, p. 23-29 | Texte intégral


 

Slimane Rafik NEBIA

 

Lorsque H. Laube, l’une des figures les plus marquantes du mouvement littéraire « La Jeune Allemagne » de la Vormärzliteratur écrivit ceci dans les pages introductives de son ouvrage « Die Kaschba », résultat d’un voyage en Algérie en 1839 : « Bizarre ! je ne pouvais pas me débarrasser de l’idée, comme si Alger était encore un nid de corsaires et que nous étions des esclaves chrétiens... »[1], son intention était manifestement de rappeler à ses compatriotes une image qu’ils avaient toujours de l’Algérie, une page d’histoire de ce pays qu’il appela « Neu –Frankreich » (Nouvelle France) par opposition à « Alt-Frankreich » (Vieille France).

 « Die Kaschba » n’est pratiquement jamais cité dans l’histoire de la littérature allemande, malgré la célébrité de son auteur qui a laissé une œuvre assez importante et marqué de son empreinte la création littéraire de son époque. Une question se pose alors, et à laquelle il est difficile de répondre : Pourquoi l’histoire littéraire n’a-t-elle pas répertorié cet ouvrage qui demeure jusqu’à nos jours pratiquement inconnu par les Allemands eux-mêmes.

Nos recherches bibliographiques nous l’ont fait découvrir dans la série « Französische Lustschlösser » (résidences d’été françaises), ce qui est en contradiction flagrante avec le titre « La Casbah », symbole d’une période historique assez mouvementée.

Dans son ouvrage l’auteur adopte une position nettement ethnocentriste et parfois même raciste lorsqu’il traite de la société algérienne, de ses mœurs et coutumes. Les autochtones sont qualifiés très souvent de barbares, d’islamistes, leur langue (la langue arabe) est comparée à celle des animaux. Laube se positionne en outre en tant qu’Allemand entre les Français considérés comme les représentants d’une civilisation supérieure[2] et les « rudes bédouins » comme la race inférieure. Et c’est ainsi qu’il concède volontiers aux Français le droit à la conquête de l’Algérie, une conquête au profit d’une civilisation supérieure, ces conquérants qui à son avis ont été très humains à l’égard des « Allahschreier » (littéralement les crieurs du nom d’Allah. Ici Laube fait très certainement allusion à l’appel à la prière où le nom d’Allah est évoqué et aux cris lancés lors des combats contre le colonisateur) et même des Allemands en 1813 lors de la bataille de Leipzig où les troupes napoléoniennes furent vaincues. En 1813, écrit-il, les Français « ont été chez nous [en Allemagne] un ennemi doux et humain. »[3].

 La Weltanschauung de Laube est résumée clairement dans ces quelques lignes, conclusion de son récit de voyage : « la France et l’Allemagne doivent être les maîtres du continent comme porteurs d’idées civilisationnelles désintéressées. »[4]

Ce voyageur a été parmi les premiers d’une génération à avoir effectué une visite en Algérie, car si l’on croit les témoignages, ce pays a toujours été considéré par les Allemands comme inaccessible jusqu’en 1830, un pays très redouté mais toutefois très attirant.

L’Algérie et les Allemands avant 1830

Durant toute son histoire « l’état barbaresque » a été considéré comme très dangereux par les pays européens et même par les Etats-Unis d’Amérique. L’Europe en général et les Allemands en particulier craignaient surtout d’être prix en otage comme « Christensklaven » (esclaves chrétiens) lors des courses effectuées par la marine algérienne.

Avant 1830 des voyageurs, des explorateurs et des aventuriers de toutes les nations, parmi lesquels aussi quelques Allemands essayèrent certes de fouler le sol de l’Afrique, le « Continent noir », mais la peur des corsaires algériens et de « l’esclavage » paralysèrent maintes entreprises. Ce ne fut qu’à la fin du 18ème siècle que fut donné un élan énergique pour arracher ses secrets à l’Afrique, ce continent mystérieux. La fondation par les Anglais de la Société Africaine en 1788 (Association for the promoting of the discovery of the interior of Africa) ouvrit véritablement l’ère de l’exploration de ce continent.

Parmi les voyageurs les plus célèbres nous citerons l’Ecossais Mungo Park, dont le nom est lié à l’exploration du Niger et de l’Allemand Hörnemann, émissaire de cette association qui disparut au Soudan. Puis ce fut une longue période de répit. Et ce ne fut qu’après les guerres napoléoniennes et les révolutions de Juillet 1830 et de Mars 1848 qu’on repensa sérieusement à l’Afrique, car d’après le voyageur Moritz Wagner de telles tentatives ne furent plus faites depuis le début du 19ème siècle jusqu’à 1830[5].

Mais toujours d’après ce même voyageur il existait toutefois quelques possibilités avant cette date, mais seulement : «. ..lorsque les relations politiques entre l’Afrique du Nord et de l’Europe prirent un cours normal et que la plupart des états chrétiens acquirent une paix honteuse avec les Barbaresques en payant un tribut que quelques voyageurs, avec l’assistance des consuls accrédités auprès des états pirates, purent parcourir quelques parties de la côte et de l’intérieur de la Barbarie. »[6]

M.Wagner cite plus loin dans sa relation de voyage les noms d’explorateurs célèbres tels que Peyssonel, Schaw, Bruce, Desfontaines qui visitèrent quelques points de ce pays. Parmi ces noms on ne rencontre aucun Allemand mais seulement des Anglais et des Français. Car selon M.Wagner, l’Allemagne n’avait jusqu’en 1830 qu’une très vague idée sur l’ancienne province de l’empire ottoman et la littérature existante sur cette région n’était pas très connue.

Effectivement la Régence d’Alger demeure pour les Allemands une contrée complètement fermée et redoutée, mais l’Allemagne y manifesta toujours un très grand intérêt, comme souligné dans cet article intitulé »La politique musulmane de l’Allemagne jusqu’à la 1ère guerre mondiale » de G.Kehl qui écrit : « Tout au long du XIXème siècle, la Prusse d’abord, le Reich ensuite, ont fourni un constant effort pour développer leur documentation sur les contrées lointaines. Pour les pays musulmans en particulier, la seconde moitié du siècle voit se décider plus d’une vocation d’explorateur »[7]

Ainsi la chute d’Alger et le début de la colonisation signifiaient pour les Allemands une ère nouvelle, l’ouverture du pays qui devint alors à leur avis plus sûr et de nouveau accessible, car l’image très répandue que l’Allemagne avait toujours de l’Algérie était la suivante, telle que reprise par M.Wagner : » Les états d’Alger et du Maroc notamment, habités par une population sauvage et fanatique, avide de brigandage et sanguinaire, étaient jusqu’au 18ème siècle totalement fermés pour les chrétiens qui comme esclaves, subissaient l’outrage des mauvais traitements et étaient soumis au poids des chaînes. »[8]

Convaincus qu’ils n’avaient plus à craindre pour leur sécurité après la prise d’Alger qui eut pour conséquence la disparition de la piraterie due à la présence de troupes coloniales, plusieurs voyageurs se rendirent en Algérie et il en découla une profusion de récits descriptifs, riches en observations et impressions, plus particulièrement durant les deux premières décennies de la conquête. Leur nombre diminua sensiblement au cours des années cinquante et soixante, l’Allemagne ayant sans doute ramassé un maximum d’informations pendant les débuts de la colonisation.

Mais quelle est l’image réelle concernant le sort des captifs chrétiens dans l’ancienne Régence ? Les véritables témoignages, certes très rares, d’Allemands sont ceux d’authentiques « Christensklaven ». Au cours de nos recherches nous n’avons relevé qu’un seul nom d’esclave chrétien allemand ayant laissé des écrits sur sa captivité. Il s’agit de Simon Friedrich Pfeiffer qui dans son ouvrage intitulé « Meine Reisen und meine fünfjahrige Gefangenschaft in Algier » (Mes voyages et mes cinq années de captivité à Alger) nous présente avec force de détails le récit sur sa longue captivité, les circonstances de sa capture et ses conditions de vie. L’image d’un vécu réel présentée par Pfeiffer détruit maintes thèses entretenues en Europe sur les conditions de détention et le traitement des esclaves chrétiens chez les Barbaresques.

Les premiers moments après la prise du bateau sur lequel il se trouvait, par des corsaires en 1825 sont relatés comme suit : « Nous n’avions pas à nous plaindre en ce qui concerne notre traitement sur ce bateau [de corsaires], bien que nous nous trouvions parmi des barbares rudes et inhumains, (excepté quelques taquineries de la part des matelots)... »[9]

Ces captifs étaient en réalité considéré principalement comme des prisonniers de guerre et appartenaient soit à l’Etat ou à des personnes privées. Toutefois selon les témoignages de Pfeiffer beaucoup d’entre eux obtenaient l’autorisation d’exercer des métiers et même d’ouvrir des auberges. Lui-même, avoue-t-il, a été médecin particulier du premier ministre algérien, premier chirurgien (chirurgien en chef) dans l’armée du Dey et même trésorier du Bey du Titteri.

Après 1830

Ainsi cette « terrible Djezair »[10] « restera jusqu’en juillet 1830, la terreur de la Méditerranée »[11], alors que l’Europe commença à connaître grâce à la révolution industrielle de très grands bouleversements dans tous les domaines. Ce fut également une période riche en événements politiques qui ont occasionné de très importants remous dans la société allemande suivis d’une hémorragie considérable au sein de la population. Les citoyens impliqués dans les révoltes ou autres activités politiques se réfugièrent pour la plupart en France considérée alors comme le pays des droits de l’homme. Une partie de ces exilés se retrouvera comme colons en Algérie, d’autres par contre non impliqués fuirent leur pays pour prendre la voie de l’émigration vers les Etats-Unis d’Amérique ou l’Australie via la France.

Les esclaves chrétiens allemands et les immigrants en Algérie constituent la « première vague » de la présence germanique dans ce pays. Ces immigrants n’ont toutefois pas toujours opté volontairement pour cette région. Il y eut d’après certains témoignages de véritables détournements de réfugiés opérés par des agents au service de la France dans le but de sa politique de peuplement de la nouvelle colonie, car ne disposant pas elle-même d’un capital humain suffisant après les « saignées des révolutions ». Elle ne disposait pas non plus suffisamment de troupes pour lutter contre la résistance algérienne qui commença à s’organiser. « Il fallut, comme l’écrit R.Aron, donc faire appel à des étrangers pour contribuer à la mise en valeur, à l’équipement de l’Algérie. Des flots d’Espagnols, d’Italiens, de Maltais, même d’Allemands et d’autres encore ont contribué à peupler ce pays. Ainsi est né un nouveau peuple de sang méditerranéen. »[12] R.Aron écrit plus loin : « D’autres étrangers en particulier des Allemands, des Suisses se sont installés en Algérie en petit nombre, au début de la colonisation. »[13]

D’après nos recherches, il n’existe à notre connaissance aucun écrit laissé par ces colons allemands relatif au problème de cette immigration. Les seuls témoignages sont ceux d’historiens ou d’autres voyageurs qui ont évoqué ce phénomène et décrit avec plus ou moins de détails les conditions de vie de leurs compatriotes installés principalement dans la Mitidja, les régions de Mostaganem, de Tlemcen et de ses environs.

Si beaucoup d’Allemands ont fui leur pays pour des raisons politiques ou bien comme ces derniers à cause des conditions économiques défavorables, c’était pour éviter des poursuites judiciaires ou assurer à leur famille meilleure existence à l’étranger.

Le deuxième type de « voyageur » est constitué par des légionnaires qui grâce à la loi de Louis Philippe, roi des Français, du 9 mars 1831 purent s’enrôler dans ce nouveau corps d’armée afin d’échapper aux poursuites engagées à leur encontre dans leur pays d’origine. Ce groupe de légionnaires allemands n’était pas constitué uniquement de jeunes réfugiés parmi lesquels des étudiants, des intellectuels ou même des prêtres, mais aussi très souvent par des criminels.

La présence d’Allemands dans la légion étrangère n’était pas insignifiante comme le prouvent certaines statistiques.

Certains parmi eux ont laissé des écrits d’une très grande valeur documentaire principalement sur les compagnes de colonisation, la résistance algérienne, les raisons de leurs nombreuses désertions, la contribution de quelques uns de leurs compatriotes au développement de l’industrie d’armement dans les rangs de l’Emir Abdelkader, ainsi que sur leurs conditions de vie. On y trouve également de nombreux tableaux sur la société de l’époque.

Parmi les voyageurs qui ont largement contribué « au développement de la documentation » de l’Allemagne sur « ces contrées lointaines », il faudrait mentionner les scientifiques qu’on appelle communément « wissenschaftliche Reisende » (voyageurs scientifiques). Ces derniers envoyés par des institutions officielles ou des associations avaient pour mission principale de s’informer sur ce pays mal connu, la situation qui prévalait à l’époque, sa faune, sa flore etc. Leurs relations de voyages sont effectivement d’une très grande importance informative.

Et pour terminer cette typologie des voyages et des voyageurs ayant effectué des séjours dans la nouvelle colonie française nous citerons ces Allemands qui se rendirent en Algérie à titre privé pour leur propre plaisir ou pour des raisons de santé, comme ce fut le cas de Karl Marx, car ce pays a été toujours considéré comme une station climatique de premier ordre, vu sa situation privilégiée au bord de la Méditerranée et son climat tempéré. Le voyageur Otto Schneider y consacra trois volumes pour y vanter les vertus climatiques d’Alger dans une œuvre intitulée « Der climatische Curort Algier» 1869. (Alger, station climatique)

Dans un prochain article nous nous pencherons essentiellement sur les « Vergnügungsreisende » (voyageurs ayant effectué des séjours de détente) ayant séjourné en Algérie pour leur propre plaisir à la recherche de dépaysement, de l’inhabituel et de l’exotisme.

Ces voyageurs financièrement bien nantis, des « Europamüde » (lassés de l’Europe) poussés par la curiosité voulaient se faire une idée sur cette « terrible Djezair » devant laquelle a tremblé pendant si longtemps toute la chrétienté. Leur nombre n’était pas insignifiant. Ces derniers étaient pratiquement presque tous issus de la noblesse allemande : Princes, barons, comtes, ducs...

Nous venons de brosser ainsi d’une manière très succincte un tableau des voyageurs allemands ayant effectué des visites dans la nouvelle colonie française depuis l’attaque de Sidi-Ferruch jusqu’à la fin du 19ème siècle. Leurs écrits sur d’authentiques voyages touchent tous les genres de la littérature de voyages et vont du simple journal de voyage, en passant par la relation de type feuilleton, très prisé à l’époque en Allemagne, jusqu’aux « rapports » scientifiques les plus élaborés.

La fréquence des déplacements des Allemands vers l’Algérie et le nombre des récits de voyages parus entre 1830 et 1885 sont proposés ci-dessous.

 

Période

 

Nombre de voyageurs

 

Nombre d’aristocrates

 

Nb de relations de voyages (dont traductions)

Avant 1830

1

-

1

1830-1839

22

7

25

1840-1849

22

5

23

1850-1859

14

3

15

1860-1869

11

1

11

1870-1885

10

3

10

Bibliographie

Allgemeine Deutsche Biographie. Bde 1-56. Leipzig 1875-1912.

Aron, Robert : Les origines de la guerre d’Algérie. (Textes et documents contemporains) Paris 1962.

Deutsche Geschichte. (Bd.II von 1789 bis 1917) Berlin 1975.

Kehl, Georges : La politique musulman de l’Allemagne jusqu’à la première guerre mondiale. (Extrait du bulletin de la société de Géographie et d’Archéologie de la Province d’Oran. Tome 75, fascicule 231) Oran 1952.

Laube, Heinrich : Französische Lustschlösser. (Bd.III, S.269 VII « Die Kaschba ». Mit 3 Karten u. einem Plane von Algier.) Mannheim 1840.

Mouilleseaux, Louis : Histoire de l’Algérie. Paris 1962.

Nebia, Slimane Rafik : Deutsche Reiseliteratur über Algerien von 1830 bis 1871. Diss. Leipzig 1978.

Pfeiffer, Sim. Friedr. : Meine Reisen und meine fünfjährige Gefangenschaft in Algier. Mit e. Vorrede von Prof. Schmitthenner. Gießen 1832.

Wagner, Moritz: Reisen in der Regentschaft Algier in den Jahren 1836, 1837 und 1838. Nebst einem naturhistorischen Anhang und einem Kupferatlas. Bde 1-3. Leipzig 1841.


 

Notes

[1] Heinrich Laube : Französische Lustschlösser. (Bd.III, S.269 VIII « Die Kaschba ») Mannheim 1840, S.280f. (Wunderlich ! ich konnte mich der Vorstellung nicht entschlagen, Algier sei noch Korsarennest-Wir seien Christensklaven...)

[2] Cf. H.Laube : Die Kaschba.S.335.

[3] Idem (sind 1813 bei uns ein menschlicher, sanfter Feind gewesen...)

[4] Idem S.367. (Frankreich weiß es, daß Deutschland sein natürlicher Bundesgenosse, daß Frankreich und Deutschland die Beherrscher des Kontinents sein müssen, als Träger der uneigennußigen Civilisationsideen.)

[5] cf. Moritz Wagner : Reisen in der Regentschaft Algier in den Jahren 1836, 1837 und 1838. Vorrede S.XI.

[6] idem S.XI. (...als die politischen Verhältnisse zwischen Nordafrika und Europa eine regelmäßige Gestalt annahmen und die meisten christlichen Staaten durch Entrichtung eines Tributs mit den Barbaresken schmachvollen Frieden erkauften, gelang es einigen Reisenden durch die Unterstützung der bei den Raubstaaten beglaubigten Consuln, einige Strecken der Küste und des Innern der Berberei zu durchziehen.)

[7] G.Kehl : La politique musulmane de l’Allemagne jusqu’à la 1ère guerre mondiale. (Extrait du bulletin de la société de Géographie et d’Archéologie de la Province d’Oran. Tome 75, Fascicule 231) Oran 1952.S.3.

[8] Moritz Wagner: Reisen in der Regentschaft... S.10. (...namentlich waren die Staaten Algier und Marokko von einer wilden und fanatischen, raub-und mordgierigen Bevölkerung bewohnt für alle Christen bis zum 18.Jahrhundert, völlig verschlossene Länder, und nur als Sklaven, beschimpft durch Mißhandlug, gebeugt unter dem Druck der Kette...)

[9] Pfeiffer, Simon Friedrich: Meine Reisen und meine fünfjährige Gefangenschaft in Algier. Gießen 1832.S.67. (Über die Behandlung auf diesem Schiffe [der Korsaren] konnten wir, obgleich wir unter rohen und unmenschlichen Barbaren uns befanden, (einige Neckereien der Matrosen abgerechnet) doch nicht sehr klagen...)

[10] Mouilleseaux, Louis : Histoire de l’Algérie. Paris 1962 (Les productions de Paris), S.244.

[11] idem S.162.

[12] Aron, Robert : Les origines de la guerre d’Algérie. ( Textes et documents contemporains) Paris : A.Fayard 1962.S.55.

[13] idem S.55.